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Frais Puits, plongée, samedi 19 mai 2018

20 Mai 2018 , Rédigé par SR Publié dans #Sorties, #plongée

Malgré les dernières pluies, une vasque de 2 m plus haut que l’étiage, peu engageante et trouble samedi 19 mai 2018 je m’immerge dans le Frais Puits.
J’ai mes 2 nouveaux recycleurs ventraux RS5mccr  et mon nouveau scooter. C’est la première fois que je plonge dans ce réseau avec ce type de matériel et je sais que la difficulté de «pilotage » de ces appareils va être augmentée dans ces eaux si particulières ou chaque coup de palme peut réduire à néant la visibilité. La différence avec mes anciens recycleurs c’est que je dois lire sur les ordinateurs au poignet la proportion du mélange que je respire et rectifier si besoin en appuyant sur une vanne pour injecter de l’O2 ou du diluant (air). Heureusement en cas de forte turbidité une alarme vibrante prévient le plongeur sinon un mauvais mélange pourrait rapidement être fatal.
L’entrée qui était partiellement obstruée suite à un affaissement du terrain à été complètement dégagée par les crues de cet hiver. Passés les 10 premiers mètres d’eau couleur chocolat dûe à la préparation dans vasque, la suite s’éclaircit. J’arrive à 40 m de l’entrée à la première bifurcation, les fils d’Ariane sont en bonne état ainsi que les 3 plaquettes d’indication: « amont petite rivière », « vers aval et amont grande rivière » « sortie ».
Je prends à droite en direction « aval et amont grande rivière », j’arrive rapidement à la deuxième bifurcation à 170 m, mon nouveau scooter est une merveille de technologie, plus petit donc plus maniable, plus d’autonomie et plus puissant. Je prends encore à droite dans la galerie de jonction, là fini la belle visibilité car l’eau qui arrive de la grande rivière est toujours laiteuse et aujourd’hui encore plus suite aux dernières pluies. Je ne vois gère plus loin que le bout de mon scooter et sur ses 6 vitesses je n’utilise plus que la première ou deuxième.
Cette galerie de 150 m de longueur est particulière car elle a été creusée récemment du moins à l’échelle géologique. Elle a permis à la grande rivière de rejoindre la petite le jour où la grotte de Champdamoy, résurgence historique ou préhistorique de la grande rivière, s’est effondrée trouvant ainsi un nouveau parcours bien trop étroit pour elle, provoquant ensuite la formation du trou du Frais Puits qui sert encore aujourd’hui de trop plein au réseau. J’arrive à 330 m au dernier croisement de galeries.
Les fils d’Ariane et plaquettes sont là aussi en bonne état : tout droit c’est la « galerie morte » en direction de la grotte de Champdamoy et à droite l’amont de la grande rivière qui est connue jusqu’à 1700 m. J’emprunte cette dernière, cette fois j’évolue dans une grande galerie dépassant parfois les 10 m de diamètre. J’avance jusqu’à la cloche des 500 m, là juste un peu plus loin je déblaye un vieux fils d’Ariane qui flotte entre 2 eaux et pourrait s’avérer dangereux pour un plongeur qui s’emmêlerait dedans. Je poursuis jusqu’au 700 m où la galerie descend rapidement vers les -30 m mais j’ai du mal à équilibré ma flottabilité et je coule comme une pierre labourant au passage le fond de la galerie recouvert de limon. Il est temps de faire demi tour, un épais nuage d’argile m’entoure, la visibilité est à zéro. Une main verrouillé sur le fil d’Ariane je cherche de l’autre le bouton pour injecter de l’air dans ma combinaison et retrouver une bonne flottabilité mais impossible. Dans le même temps, je sens l’alarme de mon ordinateur vibrer il faut à tout prix que j’injecte de l’O2. J’appuie sur la vanne et l’alarme cesse immédiatement, je mets un petit coup de scooter pour sortir du nuage puis je retrouve le bouton pour injecter de l’air dans ma combinaison. Ouf ! Enfin je peux décoller du fond et sortir de cet argile liquide. Quelques mètres plus loin ça s’éclaircit,  je retourne sans encombres jusqu’au croisement des 170 m. Là, je descends dans l’aval en direction de la fond de Champdamoy pour vérifier un peu le fil mais je sens tout de suite qu’il y a du courant, je fais demi-tour immédiatement et suis obligé de mettre mon scooter presque à pleine puissance pour pouvoir remonter et rejoindre la bifurcation. On peut donc considérer que lorsque le niveau du Frais Puits est à plus de 2 m au dessus de la sonde, il est fortement déconseillé d’explorer la partie aval du réseau c’est à dire la galerie à gauche quand on arrive au croisement à 170 m de l’entrée. D’autant plus que vers les 330 m une sévère étroiture  décuple le phénomène de courant aspirant. Je regarde mon temps de plongée bientôt 2h00 il faut que je sorte. Rapidement, je rejoins le croisement de galeries à 40 m, une dernière petite vérification dans l’amont de la petite rivière et je sors après 2h05 de plongée.
Merci à Jean Luc Géral et Jean Marie Josso pour le coup de main lors du portage, de l’habillage et de la mise à l’eau.
Merci à l’ancien exploitant du champ du Frais Puits passé nous rendre visite de nous avoir mis en relation avec son successeur qui nous a donné l’autorisation de descendre en 4x4 pour remonter le matériel que nous avions descendu à dos d’hommes pour ne pas abîmer les herbes hautes, il nous propose ensuite de nous montrer un affaissement récent vers son exploitation.
Rejoints par notre président Thierry Vircondelet, nous nous déplaçons ensuite vers sa ferme : en effet, les désobstrueurs du club vont avoir du boulot.
 
Sylvain Redoutey
Frais Puits, plongée, samedi 19 mai 2018
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