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Expédition spéléo informelle dans le Parc National de Tazzeka – Moyen-Atlas – Maroc, Du jeudi 26 mars au dimanche 5 avril 2026.
Compte-rendu réalisé par Jean-Philippe Grandcolas avec quelques retouches et annotations de Damien.
Participants : Lionel Barriquand (S.C. Argilon, Saône-et-Loire), Damien Grandcolas (S.C. Vesoul, Haute-Saône), Jean-Philippe Grandcolas (Clan des Tritons, Rhône), Hicham Benani, Sofiane et Ayoub (spéléos de Casablanca), Amine et Tarik (spéléos de Taza).
Jeudi 26 mars : sommes à 16h à l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, décollage avec du retard entre 19 et 19h30. Arrivée à 22h à Casablanca, aéroport Mohammed V. Hicham nous attend, il y a beaucoup de monde, c’est le retour de pèlerins de La Mecque, il nous faut une bonne demi-heure pour sortir du parking ! Arrivée vers minuit à l’hôtel Al Baydaa dans le centre de Casablanca.
Vendredi 27 mars : petit déjeuner à l’hôtel. Petit tour dans le quartier en attendant de récupérer le Dacia Duster de location à 10h. Puis direction Taza par l’autoroute via Rabat, Meknès, Fès. Tajine en cours de route. Excès de vitesse pour Damien en sortant de l’autoroute pour Taza, « welcome in Maroc ». Nous récupérons Tarik et Amine vers 16h à Taza et prenons la direction du Parc national de Tazekka au sud de Taza, halte à la grotte de Chiker, vers Bab Boudir, vue panoramique sur le vaste poljé. Pour atteindre notre gite « chez Hassan », ce sera une quinzaine de km de piste et un bref embourbement à la tombée de la nuit ! Le gite est une authentique demeure berbère, nous dévorons un poulet avant de nous coucher. Arrivée de Casablanca vers 2h du matin de Hicham, Sofiane et Ayoub.
Samedi 28 mars : l’équipe est complète (8 participants), après un petit déjeuné local bien garni, nous nous empilons dans un vieux Mercédès prêt à affronter la piste en direction de la grotte de Chaara (dvlpt : env. 7500m) pour une bonne heure.
La grotte de Chaara, également connue sous le nom de grotte d’Ifri Azoughar, se situe dans le village de Tabhirte, commune de Smia, près du barrage de Bab Louta et de la ville de Tahala, au cœur du parc national de Tazekka. Petite marche d’approche pour accéder à la cavité, par une belle entrée pentue, on accède rapidement à la rivière souterraine, nous restons groupé un certain temps, puis une équipe (Ayoub, Amine, Sofiane et Damien) part vers le fond voir les niveaux d’eau. Avec Lionel, nous ne cherchons pas à les rattraper et prenons des photos tranquillement, nous retrouvons Hicham et Tarik qui eux aussi, pratiquent l’art photographique et de la photogrammétrie. Nous prendrons tranquillement le chemin du retour, la rivière est belle et les volumes imposants. L’équipe du fond nous rattrapera et nous sortirons tous ensemble, bien mouillés pour certain qui plonge pour récupérer une lampe tombée dans une marmite ! L’autre intérêt de cette cavité est la présence en plafond de restes (mandibules) d’un crocodylomorphe téléosauroïde remontant au Jurassique inférieur.
TPST : 5h. Le retour avec le Mercédès sera épique, nous nous embourbons dans une courte portion boueuse, la situation devient problématique sans l’intervention musclée d’un autre véhicule, nos muscles n’y suffisant pas ! Mais au Maroc, l’entraide est omniprésente, après un coup de téléphone, un 2e Mercédès viendra nous dépanner, ce fut toutefois laborieux, 1h30 plus tard nous sortons du « merdier ». Retour de nuit au gîte.
Dimanche 29 mars : nous quittons le gîte dans la matinée. Nous reprenons café et thé au premier bar rencontré et nous nous quittons avec Amine, Hicham, Sofiane et Ayoub (les 3 rentrent à Casablanca). Amine va nous chercher un hébergement à Taza. Avec Tarik, nous allons visiter Ghar Bou Slama, marche d’approche d’une ½ h. Jolie petite cavité, présence d’un squelette fossilisé de quoi ? Lionel fera de nombreuses d’observations. Tarik et Damien pousseront vers le terminus. TPST : 2h30.
Halte à la grotte Izoura. Nous retrouvons Amine à Taza, il nous a trouvé un vaste appartement au 3e étage d’un immeuble à Taza.
Lundi 30 mars : petit déjeuner au bar « Les Caprices de Yasmina » en face de notre immeuble. Nous partons cette fois vers l’ouest, avec Amine, pour visiter la grotte Mezomin ou Habs Lklab (prison du chien). Une très vaste cavité à 3 entrées. L’entrée est équipée préalablement par Tarik qui nous rejoindra plus tard. Ressaut de 4m, amarrage naturel et humain – prévoir d’équiper depuis le haut du toboggan, corde d’environ 30m. Belle et vaste galerie entrecoupée par un puits d’une trentaine de mètres. A l’autre extrémité de la galerie, ressaut de 5 m à équiper pour faire la traversée. Grillades et salades sur le retour à Oued Amlil. Derrière le vieux Taza, Tarik souhaite nous emmener voir une grotte cultuelle, dans des gorges, le problème est qu’il faut franchir un torrent ! Tarik cherche le passage, en vain. À priori il y a un sentier plus facile sur l’autre rive… Nous allons faire un tour sur les pentes du vieux Taza, dans les murailles, voir une grotte tombeau avec une ancienne porte. Visite de la médina du vieux Taza.
Mardi 31 mars : visite de la grotte cultuelle repérée la veille en passant de l’autre côté de la rive, avec Tarik et Amine. Amine, par superstition, ne rentrera pas dans la cavité ! Petite cavité sans grand intérêt. Nous repartons comme la veille en direction d’Oued Amlil. Nous prenons la route P5420 qui nous amène dans des gorges. L’objectif est de repérer des grottes-bergerie en falaise en rive gauche du torrent. Il faut se mouiller les pieds, Tarik suivi de Lionel et Damien iront crapahuter et repérons plusieurs porches. Pendant ce temps Amine fait la sieste et Jean-Philippe se balade le long du torrent tout en repérant la progression des 3 autres. Retour à Taza.
Mercredi 1er avril : nous reprenons seuls la route faite vendredi pour aller prospecter dans les falaises le long du poljé de Chiker, nous visitons plusieurs abris et une perte sur le plateau sus-jacent (explorée par Damien), méandre, arrêt sur puits spité et étroit au départ. Le coin est sympa : hameaux, vergers, la région est très verte à cette période. Au retour halte à l’exsurgence du système de Chiker et aux cascades en aval.
Jeudi 2 avril : avec Tarik et Amine, nous prenons environ 80 km de route au Nord de Taza pour aller à la vaste grotte de Kef-El-Ghar (1072 m). L’entrée amont est un vaste porche, des escaliers en ciment ont été construits, une rivière s’y jette. C’est une vaste galerie sur quelques centaines de mètres, changement de faciès, fait suite un beau et haut méandre, les crues doivent y être redoutables, sur plusieurs mètres de haut. La 3e partie de la cavité est une galerie large de 3 à 5 m et haute de 20/30m aux parois tapissées de guano de chauve-souris. La sortie avale est également vaste et aménagée d’escaliers en ciment plus ou moins chahutés par les crues. Pas de difficulté de progression hormis une marmite profonde à contourner sans tomber ! TPST : 3h avec séance photos, la traversée est faisable en moins d’une heure. Nous optons pour un retour par un sentier et passage d’un col, une heure environ. Nous sommes invités par une famille à boire le thé à la menthe, nous y ferons un super goûter. Retour nocturne à Taza.
Vendredi 3 avril : retour vers le Sud comme le 1er avril dans le poljé de Chiker, nous visitons rapidement les mines de Chiker (3 entrées) avec Amine et Tarik. Repérage de la grotte-perte de Kaf-El-Ma. Repas dans le vieux Taza. Hammam pour Damien, Lionel et Tarik.
Samedi 4 avril : départ de Taza vers 10h. Contrôle par une dame de la Gendarmerie Royale au péage entre Rabat et Mohamedia. Arrivée à Casablanca vers 14h30, nous abandonnons notre Duster bien sale à Younes, loueur fort sympathique, nous retrouvons Hicham qui nous offre le repas dans un restaurant italien, achat de gâteaux, fruits secs, olives, etc, tour dans le vieux Casablanca et thé, coiffeur pour Lionel. Nuit dans le même hôtel confortable et bruyant qu’à notre arrivée.
Dimanche 5 avril : après le petit déjeuner, nous prenons un taxi pour l’aéroport. Envol avec une heure de retard, à 20h Brigitte nous récupère à Lyon-Saint-Exupéry.
Jean-Philippe (+ Damien)
Dimapo (Botswana, initiation, mardi 24 mars 2026
Nous sommes de moins en moins nombreux au fil des départs. Aujourd’hui Laurent veut revoir Dimapo comprendre mieux sa formation. La savane est en fait une vrai jungle et on court devant le 4x4 pour lui trouver un endroit où ça passe jusqu’à l’entrée du trou. Dimapo a une grande potence et le trou est assez large pour passer un ascenseur. Pour ce sera sur corde. One et Tshwanelo nous accompagnent. C’est leur premier fois dans un tube. Il fait 35 m. Je décide de doubler la tête de puits avec une poulie et une petite corde pour assurer par le haut et aider à la remontée. One est très concentrée et descend lentement mais sûrement sur descendeur. Philippe envoie Bastien pendant que j’équipe Tshwanelo. Le gaillard descend en sifflotant puis silence et des rouspétades en bas. C’est Laurent qui le dispute parce qu’il a mis son descendeur n’importe comment, sur une seule poulie. Heureusement, son gant s’est coincé dans la poulie et a freiné la descente sur les derniers mètres. On ne fait jamais assez attention, tout concentré qu’on était sur les deux novices, on n’a pas checké le copain spéléo… bref. Une ligne de base inscrustée dans la paroi saute aux yeux de Laurent, avec Bastien il la retrouve à divers endroits, cette fois c’est sûr, il y avait un paléolac et on en a la preuve. On remonte bien content. Bastien se fait encore disputer parce qu’il a marché sur des cheminées de fée. Je crois qu’il a vraiment fait peur à Laurent qui est juste à fleur de peau. Je plaide encore pour mettre un bloqueur de pied aux filles mais Laurent est têtu, il ne veut leur mettre qu’une pédale en double. Pfff. Comme c’est lui qui les envoie depuis le bas et moi qui tire avec Phil et Bastien en haut, je ne peux pas m’imposer. Déjà que je suis remontée sur ma corde de 6 que j’avais verrouillé avant de descendre la dernière (et paf).
Tirer sur la corde d’aide pour les filles décentre la tête de puits et la corde frotte au bord du tube métal, c’est fugace mais ça ne me va pas ce truc, je cale vite fait un kit pour adoucir le frottement. J’aimerais bien faire un contrepoids une fois dans le tube, pour voir si c’est plus rapide et efficace quand il y a beaucoup de personnes à remonter.
VOl
Laurent explique la formation de la grotte à One
On voit la ligne de base sur la paroi (environ au milieu)
Les garçons tirent One et Tshwanelo du tube, même si elles ont un jumard
Comme beaucoup de Botswanais, Tshawanelo va sous terre avec un chapeau de soleil sous son casque. Moi je trouve ça ravissant.
Botswana, expé, mars 2026
Quelques nouvelles de Véro et Philippe au Botswana :
Expé au Botswana, on a tamponné un éléphant sur la piste il était pas content, on crève, on perd des roues et on s’amuse surtout !
Véro
Fin de séjour avec encore beaucoup de péripéties. On a trouvé le paleolac à -40 m, roulé sous l’orage dans des marigots (j’ai mon permis savane), perdu une roue de voiture … l’aventure !
!Wadhoum, initiation, dimanche 22 mars 2023
On avait prévu de visiter !Wadhoum, ( le ! se prononce en faisant clic avec sa langue collée au palais. Quand on essaye de prononcer correctement ils sont morts de rire), avec seulement Marc Jolivet le tectonicien mais les étudiants botswanais veulent tous redescendre sous terre et là, il y a un P9 avec les 4 derniers mètres plein vide. Ledimo nous propose de mettre une échelle. Avec Philippe on les assurera par le haut avec une petite corde.
Depuis le passage de Annie et Philippe Crochet en juillet 2025, l’entrée de la cavité a été agrandie, la machine à laver (un système de franchissement d’étroiture dans du sable tout petit où il fallait s’engager en avant puis arrière puis avant pour passer) défoncée et il n’y a plus qu’un chenal de 6 mètres à plat ventre à traverser avant de se remettre sur ses pieds. On descend les derniers avec Philippe pour trouver la prof Cynthia et deux jeunes filles en arrêt devant ce passage. On les pousse dedans en leur donnant une lumière, ça aide !
La visite est courte parce qu’on a déjà mis une heure et quart à descendre tout ce petit monde. Marc est impressionné et adore cette nouvelle aventure souterraine. On l’emmène partout avec Phil et laurent, tandis que Ledimo fait cours aux jeunes. La remontée est finalement assez rapide c’est Philippe qui tire les jeunes par le haut tandis que Laurent les guide à mi-parcours et que Marc les met sur l’échelle en bas. Tout le monde s’assoit plus ou moins sur sa tête !
VOl
Au départ, Véro équipe les étudiants. Les filles ont pour certaines des rallonges de cheveux jusqu'aux fesses, il faut tout emballer dans des foulards.
On dirait des tuiles de parmesan. Il s'agit en fait d'un filonet de silice qui parcourt la dolomie. Comme il est moins soluble, il reste en feuillet, comme chez nous les chailles en rognons.
A l'intérieur de !Whadoum
On remballe à la nuit.
Blue Cave, Botswana, carottage, vendredi 20 mars 2026
Ce matin les équipes se dispersent. La TV team rentre à Goumaré et attend un guide pour ne pas se perdre sur les pistes.
Olivier Dauteuil et Marc Jolivet suivent l’équipe spéléo avec Tshanelo l’étudiante en paléopollen de Laurent pour faire de nouveaux carottages dans Blue cave qui se trouve sur la colline 3 de Koanaka. Dès les première bâches de gadoue Olivier et Marc déclarent forfait et font demi tour direction base camp. Nous on cherche des shunts dans la savane, il faut courir devant la voiture pour contourner les bâches infranchissables. J’ai mon permis savane 1 en arrivant au pied de K3.
On se prend en photo comme des vainqueurs de formule 1 (mais j’ai perdu la photo apparemment). On retrouve l’entrée de Blue cave sous un amas de lianes et de verdure d’où émerge a peine les tsinguis du lapiaz. Je ne sais pas comment ça s’appelle au Botswana.
A l’intérieur un couple de chouette a fait son nid et j’écrabouille une grosse souris en touchant le sol, je suis navrée. Philippe me dit qu’elle était sûrement morte avant c’est de la bouffe qu’une chouette rapporte à sa compagne qui couve. D’ailleurs on trouve les œufs et une autre souris morte. On carotte dans une nuée de petits moucherons bien insistants et on remonte heureux comme des géants avec nos carottes. Tshanelo aime bien cette vie d’aventure et de science, notre plaisir de spéléo, elle vient de Soweto, la banlieue difficile de Johannesburg. En rentrant au camp de base, Laurent perd une roue. On ne l’avait pas revissé correctement hier soir sur la piste. Il faut retrouver les boulons, 3 sur 6, canibaliser les autres roues et remonter le tambour de frein qui s’est déglingué. On rentre encore une fois à la nuit, comme tous les jours depuis notre départ. On se trouve un peu incorrigible mais ça fait partie de la mission je crois. On nous attend avec un risotto pas cuit mais chaud et c’est cool.
VOl
Je tiens à dire que ce n'est pas ma voiture qui a eu le plus d’avaries. La mienne je l’ai rendue presque intacte (un retro en moins, un parechoc de travers et une roue crevée).
Philippe est prêt pour la marche d'approche
Carottage dans blue cave.
On a plein de nouvelles carottes !!
Bones Cave, Botswana, initiation, jeudi 19 mars 2026
On part avec 11 étudiants, l’équipe TV à Bones cave pour continuer les prises de vue et encadrer les étudiants. Faire descendre les étudiants dont certains sont très fluets n’est pas une mince affaire et nous prend un temps fou. Il s’agit d’une désescalade assurée par une ceinture de 15 m, Philippe les équipe en haut, Laurent les receptionne a mi-parcours et moi en bas, je les déceinture pour les mettre sur une échelle qui leur permet de franchir un puits de 3 m. On y passe 1 h 30 en encadrant aussi les enseignants. Gata ka leoto abo thamalatsa (pousse sur tes jambes), thamalatsa matsogo (garde les bras tendus). Mon setsawana s’améliore je trouve mais je crois qu’ils préfèrent encore m’entendre en mauvais anglais, car j’ai un accent tonique pas tonique au bon endroit ! Aucun d’entre eux n’a de lumière mais ils sont confiants et patients.
Laurent et One Thsukudu la paléontologue de notre équipe leur expliquent plein de choses sur le projet de recherche Homini karst in Botswana. L’équipe TV veut filmer des chauves-souris mais comme les plafonds sont super hauts ils ne parviennent pas à éclairer. Et on ne parvient pas à les emmener dans des petits chambres, l’étroitesse des accès les rebute.
On fait une tentative de balises Hanvar avec Philippe en se donnant un rdv après avoir estimé le meilleur endroit sur la topo. Problème. Je passe à 5 m de Philippe quand je suis sous terre mais en grimpant dans les plafonds de Bones cave je ne fais que m’éloigner. A notre point de rdv le recepteur de Philippe indique 80 m. C’est raté ! La prochaine fois il restera en fixe avec l’emetteur à l’endroit ou il m’a capté en surface et c’est moi qui le chercherait par en dessous.
Le soir on part dormir au pan 2 pour voir des éléphants. La première voiture en voit un de très près puisqu’il le tamponne. Le pachyderme a amorcé une charge mais s’est ravisé, on est un convoi de 5 véhicules. On crève 500 m plus loin, il fait nuit noire, et les chercheurs de l’Okavango + l’équipe TV commencent à craquer, fatigue faim, avaries, ça ne les galvanise pas du tout ! On finit par arriver au pan, voir un éléphant, et d’autres bêtes, je cuisine vite avec One pour 13 personnes, à 23 h on mange chaud et bon. Elena, la journaliste parisienne réclame presque un prix Nobel après avoir épluché un concombre (je craque moi aussi ?). Demain les équipes se dispersent !
Véro
prélèvement de guano dans Gcwihaba
les étudiants attendent par groupe de 4 en bas du puits qu'un spéléo avec une lumière les emmène plus bas
Dans bones cave, on parle des premiers hominines et pourquoi on les cherche ici.
Bones cave n'est pas compliquée mais il faut se hisser dans des chattières par 28 °C et 100 % d’humidité.
la fuite d'un éléphant devant un convoi de 4x4
Gcwihaba cave, Botswana, travaux, mardi 17 mars 2026
L’arrivée au Botswana a été assez rock n’ roll avec une saison des pluies sans fin qui donne une savane toute verte (comme la Suisse !) et des pistes gorgées de flotte et de flaques monstrueuses. On passera beaucoup de temps dès le premier soir à sortir les 4X4 tankés dans les bourbiers puants. Astuce : bosser autour des véhicules pieds nus dans la gadoue pour 1. ne pas perdre ses pompes, 2. les chausser pendant 15 jours toutes puantes parce qu’on n'a pas d’eau claire pour les laver.
Avec nous, des chercheurs de l’Okavango (voir interview de Olivier Dauteuil dans le rapport 2024), deux jeunes dames de l’institut français en Afrique du Sud, Léa et Anaëlle, et une équipe TV de France 5 qui prépare un long format de 2 fois 90 minutes, dont nous ne serons ni les héros ni les figurants, parce que les stars, ce sont les chercheurs. On devra se pousser et s’éclipser, se taire !!! pendant quatre jours de tournage c’est un peu lourd parfois, sinon l’équipe est sympa.
Après avoir installé le camp de base on se précipite à Gcwihaba cave pour la présenter. Léa est charmée, Anaëlle vit l’expérience de sa vie et n’y retournera pas l’après-midi, rincée. Léa nous suivra dans les moindres recoins, voudra voir la nurserie, posera mille questions, une préhistorienne bien loin de celle rencontrée en Ouzbékistan ! Ce mois de mars, il y a beaucoup de colonies de chauves-souris, pas de bébés, et elles ne sortent pas à la tombée du jour pour chasser. C’est carême ?
On accompagne l’équipe TV sous terre pour les prises de vue carottage de guano. Finalement @thomas Lebon, on utilise juste des tubes PVC et on tape dessus par bout d’un mètre. La production TV a offert à Laurent Bruxelles un carrotier et on ne se sert que des rallonges. On ne creusera pas plus bas que 6 mètres car le guano se phosphate complètement au fond.
VOl
Passage des bâches de gadoue
On accompagne les chercheurs et l'équipe TV pour un repérage carottage
Anaëlle et Léa de l'IFAS découvrent le monde souterrain
Expédition spéléologique et archéologique française au Botswana du 19.11 au 12.12.2024
Participants du SCV : Véro et Philippe.
Le rapport de Véro, à consulter ici :
https://drive.google.com/file/d/148KRuDSRiP4sjl38JfhGsuMHbP8mJoo5/view?usp=sharing
Ouzbekistan, Surkhan daria 2025, expé à l'étranger du 5 au 20 juillet 2025.
Objectifs
L'objectif de cette première partie d’expédition (suite en octobre 2025) est un premier contact avec le massif du Koytendag côté Ouzbékistan après les expés 2023 et 2024 côté Turkménistan. Celle-ci se déroule en collaboration avec la Mission Archéologique Française en Asie Centrale (MAFAC) qui fouille depuis l’année dernière un site présentant plusieurs occupations néandertaliennes. Il s’agit en premier lieu de découvrir la grotte de Khatak actuellement fouillée par l’équipe archéologique de Frédérique Brunet directrice de recherche au CNRS, d’explorer le district de la réserve naturelle où la mission détient un droit d’exploration et de fouilles, de déterminer le potentiel du massif en grottes, et de documenter ces dernières.
Les trois membres de l’expédition se retrouvent le 5 juillet à l’aéroport d’Istanbul. Nous arrivons en tout début de matinée à Samarcande. Les trois premiers jours sont consacrés à la découverte de cette ville mais aussi de l’archéologie de l’Ouzbékistan et des civilisations qui se sont succédées en Asie centrale. Le 9 juillet nous prenons la route en taxi pour Khatak au sud-est du pays (150 dollars pour 3 personnes avec les bagages et 450 km à parcourir). Après 6 h de voyage, nous arrivons sur place et faisons connaissance avec l’équipe des archéologues français et ouzbèkes. Nous nous installons chez l’habitant, une ferme vivrière. Le 10 juillet, nous rentrons pour la première fois dans la réserve naturelle où se trouve la grotte de Khatak et où nous allons prospecter. En Ouzbékistan, une réserve naturelle est strictement fermée, y compris au pastoralisme et nous sommes en permanence accompagnés. Nous faisons connaissance avec la cavité qui semble, à première vue, avoir un développement limité. Nous procédons aux premières observations et envisageons nos actions pour les jours suivants. Dès le lendemain, nous prospectons dans le massif (3 vallées différentes). Chaque jour, nous parcourons entre 12 et 20 km en essayant de repérer des cavités qui sont, si possible, immédiatement parcourues et documentées.
Malheureusement, la plupart correspondent à des baumes sans réel développement. Finalement, Véronique et Philippe topographieront 15 cavités et géo-référenceront 19 points remarquables. Toutes les cavités ont été documentées par Lionel (photographies mais également toutes les informations géomorphologiques, occupations animales, traces, spéléothèmes…). Nos travaux ont répondu aux attentes de l’équipe de la MAFAC avec en particulier, la découverte de vestiges remarquables, qui feront l’objet d’une étude dans le futur.
Résultats
À partir du 13 juillet, un caméraman est présent pour constituer les images d’un documentaire de 90 min en cours de signature pour la chaine TV Arte sur la coopération spéléologues archéologues. Les prises d’images sont multiples avec à la fois les aspects sportifs et scientifiques de la spéléologie.
L’exploration du massif et de ses 3 vallées a permis de comprendre la formation du karst en cet endroit. Si le karst y semble très développé, il ne permet que rarement la formation de grotte pénétrable. La zone en réserve naturelle ne nous a pas permis d’obtenir des informations auprès des Ouzbèkes sur la présence de grottes, puisqu’il n’y a pas de pastoralisme. Adjina Karmar (la grotte aux esprits) est néanmoins connue et remarquable. Nous la topographions avec un développement de 60 m et une profondeur de 15 m. Il s’agit d’un piège à froid avec une température de 14 °C à sa station terminale. La température extérieure frisant en juillet les 47 °C. L’entrée de la cavité à 6 m du sol ne pose pas de problème d’accès grâce à un éboulis.
Dans la vallée voisine, en limite de la réserve nous explorons une cavité comportant 3 baumes que nous traduisons en ouzbèke en Ouch’ g’orlar qui développe 187 m de réseau labyrinthique en pente ascendante de 8 m. L’accès à la cavité nécessite une marche d’approche raide de 35 minutes en serpentant dans les strates du massif. Elle est également topographiée.
Les 12 autres cavités accusent un développement faible entre 10 et 15 m, s’apparentant à des porches borgnes. Elles sont référencées et topographiées pour leurs éléments remarquables comme la « grotte du marchand de glace », Muzqaymoq Karmar, avec ses cupules en coup de cuillères à glace ou Mumia Karmar avec sa gelée de jus de momie sur les parois.
La grotte de Khatak est également topographiée pour les besoins de la mission archéologique. Elle comporte un nombre impressionnant de matériel lithique. Il s’agit d’un site ayant connu plusieurs habitats successifs de néandertaliens. Le sol rejoignant le plafond, nous n’avons pas pu l’explorer plus avant sans désober, ce que Frédérique ne souhaitait pas, pour ne pas effacer les premiers niveaux de vestiges anthropiques et paléontologiques. Son développement actuel est de 25 m avec un porche d’entrée de 13 m par 18 m de hauteur.
Perspectives
En octobre 2025, l’expédition Surkhan Daria se poursuivra avec une équipe renforcée afin de prospecter trois nouvelles zones, plus au sud du massif du Koytentag aux alentours de Vandob. La collaboration avec la MAFAC se poursuivra en sachant que Frédérique Brunet ne détient les autorisations de circulation et d’exploration de la réserve que dans son district. La collaboration entre spéléologues de l’association Karst et recherche en Asie centrale (KRAC) et comité de pilotage turkmène et ouzbèke de la réserve naturelle se poursuit pour un classement du massif du Koytentag au patrimoine mondial de l’UNESCO.
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