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SCV 70

Trou Pinard, samedi 15 octobre 2016

15 Octobre 2016 , Rédigé par CR Publié dans #Sorties

Nouvelle incursion ce samedi au Gouffre Pinard .. Quoi de plus normal pour des amateurs de bonnes bouteilles !
 
Les précipitations de la fin de semaine ont quelque peu entamée la motivation de Didier et c’est donc en binôme, Stéphane et Christophe, que nous nous retrouvons à une heure plus décente aux abords de la cavité. Premier retard lié à un oubli de baudrier à la maison et tout s’enchaîne. Après un rapide passage au domicile de Didier, pour tenter de lui redonner un peu de coeur à l’ouvrage et lui faire part de notre confiance par rapport aux niveaux hydrologiques de la cavité et de la visibilité et récupérer un peu de matériel (qu’il soit ici encore remercié …), nous nous retrouvons à 11h00 sur place.
 
Rapide séance d’habillage et c’est avec 4 kits et une échelle que nous nous acheminons vers l’objectif de la journée. Ce sera donc l’amont en priorité si les niveaux et la visibilité sont au rendez vous (Didier à tout de même un peu entamé nos certitudes !)  … ou éventuellement l’aval pour y débuter les travaux d’aménagement.
 
Parvenu à la base de la verticale, nous ne pouvons que constater que l’étiage est encore au rendez vous et que la turbidité est inexistante. Nous nous équipons au bord de la rivière pour éviter d’acheminer les kits jusqu’à la plage de mise à l’eau du S1. Ce sera 2 x 4 litres … et la fameuse échelle pour Stéphane … et 2 x 6 litres ( A peine entamées la semaine dernière dans le S1 aval) et 1 x 4 litres en sécurité.
 
Je découvre alors avec plaisir le S1, galerie confortable de section 1.5 x 3.00 environ au fond tapissé d’argile … 140 m de conduits parcourus sans difficultés grâce à l’équipement de Didier. Apres quelques mètres, un passage « étroit » entre sable et voûte rocheuse, est le seul passage susceptible d’être délicat en cas de visibilité nulle car il faut se déporter latéralement par rapport à la position du fil mais ce n’est qu’une formalité avec nos équipements à l’anglaise … et notre expérience des cheminements dans la touille totale. Le palmage est décidément peu efficace en terme de vitesse de progression et quelques propulsions en se tractant sur les doigts plantés dans l’argile facilite bien les choses !
 
Je retrouve alors le bobineau « historique » de Didier suspendu à une lame rocheuse providentielle et commence l’attente de Stéphane, en imaginant ses déboires avec l’échelle aluminium … Quelques minutes d’attente dans le noir et déjà les premiers borborygmes de ses bulles et la lueur de ses lampes me signalent son arrivée. Il aura profité du transport de l’échelle pour dresser la topographie du S1 … c’est vrai que l’échelle donne l’échelle !
 
Ensemble on rejoint alors la vasque du S2 après 40 m de progression dans le lit boueux de la riviere et on découvre une pauvre grenouille .. Elle ne daignera pas monter à l’échelle, ce qui nous rassurera quelque peu sur l’évolution de la météo !
 
Immersion dans le S2 et quelques coups de palmes nous permettent de franchir ce second verrou sans difficulté. Environ 30 m de plongée qui peuvent sans doute se transformer en près de 50 m avec un niveau supérieur. Progression dans une galerie relativement confortable avec une base totalement immergée et une revanche moyenne de l’ordre de 80 cm jusqu’au S3, objectif de la journée.
 
L’échelle est rapidement positionnée et nous montons sur la barre rocheuse, prélude au S3. Petite discussion et ce sera moi qui serai désigné pour équiper la zone soit disant noyée. Un rapide coup d’oeil dans le faisceau de ma lampe Scurion (Petite publicité au passage pour ses éclairages de qualité irréprochable ..) me permet de constater que ca passe peut être en voûte mouillante. C’est donc embout en bouche et tête partiellement hors d’eau que je m’acquitte de cet équipement qui est cependant indispensable … Parvenu de l’autre coté, je communique alors avec Stéph et l’invite à me rejoindre.
 
La suite du conduit parait confortable et on se débarrasse prestement de nos bouteilles respectives, en omettant toutefois les quelques kilogrammes de plomb que nous portons tous deux à la ceinture ! Sans doute l’ivresse de la première … surtout dans le Pinard !
 
Cette fois ci cela semble bien parti et les mètres s’égrènent sous nos bottes … Après 160 m de rivière, celle ci s’incurve et s’abaisse vers la droite tandis qu’un vaste conduit fossile onctueux nous invite à gauche. Circulation facile avec toutefois deux passages à flanc de talus qui pourraient justifier un jour la mise en place d’une main courante, la couche de boue dans laquelle nous nous sommes frayés un passage s’affaissant petit à petit.
 
Au débouché du fossile, nous avons la stupéfaction de dominer une vaste salle (25 x 10 m)  ou serpente mollement la rivière retrouvée. Après quelques interrogations quant à la localisation du terminus du jour, Stéphane préférant rester sur un « arrêt sur rien » au niveau d’une zone remarquable et moi poussant toujours vers l’avant, nous nous acheminons vers le plan d’eau. Ce sera le siphon 4, véritable invitation à la plongée et objectif de la prochaine séance …
 
Retour à regret mais avec désormais en tête la prochaine stratégie d’exploration, nous en profitons pour visiter sur quelques mètres  l’aval de la rivière qui chemine sous le conduit fossile avec ses étonnantes figures de corrosion (Voir photo). La suite sera à parcourir la prochaine fois. Nous profiterons du retour pour faire un rapide métré de la galerie jusqu'à la vasque amont du S3 (Longueur 240 m). La longueur parcourue depuis le pont rocheux du S3 est de l’ordre de 330 m en raison du dédoublement des conduits actif / fossile.
 
Même opération de mesure entre la vasque aval du S3 et l’amont du S2 ou nous trouverons 90 m jusqu’au dernier point d’amarrage du fil … soit environ 110 m jusqu’au plongement de la voûte en cette période d’étiage.
 
Le S1 est franchi dans la continuité … sans aucune visibilité toutefois en raison de notre longue progression vers l’amont. Le maigre débit de la rivière n’a pas permis l’auto-nettoyage comme cela était le cas précédemment … d’autant plus que nous sommes deux plongeurs alors que toutes les précédentes visites ont été réalisées en solitaire.
 
Nous aurons le plaisir de découvrir au sortir du plan d’eau que le SCV « soigne » ses invités … Merci donc à Thierry, Louis et Jean-Marie d’avoir fait le déplacement pour nous assister à retour en surface  de notre matériel.
 
Quelques bières et un gâteau seront ensuite les bienvenus pour réfréner notre fringale … et notre déshydratation. Mourir de soif dans le Pinard reste tout de même un comble !
 
La suite s’annonce donc sous de bons auspices (Pas hospice pour l’instant ..) sous réserve que la météo reste de la partie.
 
Le S4 attend donc notre prochaine visite …
 
Je crois même savoir que Didier, contacté ce soir pour le tenir au courant de l’évolution de cette exploration qu’il a initié,  se prépare à une nouvelle exploration dès demain ! Nous aurons donc peut être très rapidement de nouvelles informations sur la suite qui se dirige toujours vers la Perte du Moulin Dessous à Borey. Encore 4 km de potentiel de développement en ligne droite …
 
Amicalement
Christophe Rognon
 
 
Trou Pinard, samedi 15 octobre 2016
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