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SCV 70

Marguareis, camp spéléo côté italien,du 5 au 10 août 2018

11 Août 2018 Publié dans #Sorties

Michel Isnard, responsable FSE (Fédération européenne de spéléo) avec qui j’étais au Laos m’a invité a un camp d’explo en Italie. C’est pas très loin, les grottes sont à 2 degrés, je me dis que ce sera une bonne mise en jambes pour Philippe qui part en Patagonie en février. On arrive le dimanche soir dans un refuge perdu dans la montagne après avoir roulé 1 h sur une piste incertaine à flanc d’abîme. On n’était pas fier mais mon Kangoo ne regardait pas en bas, insensible au vertige.

On fait connaissance avec les spéléos italiens, les 2 français, Lionel Revil de Savoie et Fred Delegue pst du CDS69 et bien sûr Michel. Lundi, on plante la tente pile sur la frontière franco italienne (c’est un fil à vache) et on part marcher dans les montagnes pour comprendre les lieux. Michel nous montre les cavités découvertes dans les années 80, il y a juste sept -1000 dans ce massif. Mardi, je bouge les garçons : eh, on est venu faire de la spéleo là en avant ! Les marches d’approche font au minimum 45 minutes avec des dénivelés de fou dans les lapiaz. Les italiens font souvent des bivouacs sous terre maintenant. Georgi et ses amis partent d’ailleurs avant nous il ne rentreront que mercredi dans la nuit.

 On marche avec les pieds autant que les mains souvent. C’est pas le Doubs où les trous sont à 5 minutes de la voiture. Ici tout est à pied, à dos d’homme (et de femme). Objectif du jour : amener du matériel à Fred et Lionel qui cherchent une suite à Chupka Chan.

Étroitures très très étroites il faut du temps pour les franchir. Un très beau puits de trente mètres, une vire acrobatique et un pendule au bout. Temps passé sous terre : 5 h – profondeur – 70 m jusqu’a la galerie Ravanelle.

Une cavité bien technique. Philippe a le dos en vrac il a perdu beaucoup d’energie dans la remontée d’une étroiture particulièrement sélective.

On rentre tout doucement après avoir “flaqué” dans un champ de stella alpina le temps d’un cigarillo. Mercredi je sens que j’ai pas intérêt à imposer spéléo tous les jours. … on va randonner et grimper au sommet du Marguareis très joli, on décide d’écourter le voyage avec un départ vendredi, plus sage pour les conditions physiques de chacun et le déménagement qui nous attend. Mercredi soir on dessine le contour d’un nouvel objectif avec les italiens : une escalade dans la rivière du 18 qui n’est pas terminée. On se couche avec un départ demain à 5 voire 6 : Lionel, Fred, Philippe, Véro, Michel. On se lève jeudi on est plus que deux : Véro et Fred. Il y a 1 h 30 de marche d’approche en descendant plein pot. Faudra remonter 300 m de dénivelé en sortant de sous terre, chouetteuhhh.

La reconnaissance des années 80 a permis une topo grossière, on enchaîne deux fois plus de puits que prévu. Chacun espacé par un méandre… sélectif. Ma combi est en lambeau mon torse aussi. On atteint la rivière au bout de 3 h au lieu de 2. On passe 5 h dedans à se rapprocher du lieu de l’escalade qu’on doit faire pour jonctionner avec le réseau du Sergio. Que des méandres étroits. 3 kits pour 2. Heureusement que Fred porte le perfo la plupart du temps. Tout est équipé à l’italienne : monopoint, corde de 10,5 mm pas de main courante avant les têtes de puits. Interdit de se planter en sortie de puits. On reéquipe qq ressauts pour assurer notre retour à sachant qu’on gâche du matos destiné à l’explo.

A 18 h on décide de faire demi tour, Fred n’a plus de bouffe, continuer c’est faire un TPST de 15 ou 18 h. Le retour est sécurisé par nos quelques aménagements. J’apprends plein de trucs pour équiper light mais secure. Cette corde de 10 est une horreur.

On sort du trou à minuit moins deux, juste avant d’être transformé en soupe de citrouille, mais bien cuit après avoir franchit les derniers puits enneigés, c’est drôle. TPST : 12 h30.

Marche dans la nuit et les attaques de papillons de nuit attirés par nos casques. Trouver des cairns dans la nuit opaque c’est coton. On navigue un peu au hasard. Une étoile clignote tout la haut c’est le refuge qui nous lance des appels lumineux auxquels on répond, youpi. Puis on entend Michel crier Gabiooooo ! Équivalent de « salut les gars » en Italien je pense. On rétorque à pleins poumons. J’ai les cuisses en feu après ce -260 m très engagé et le dénivelé +- 300 de la marche d’approche. Rincée. On mange des pâtes papote de spéleo et dodo à 2 h30.

Clairement je suis une petite gonzesse : au réveil je suis moulue ! Même respirer active des courbatures au thorax :-). Deux sorties spéléos sur un camp de 5 jours ya pas de quoi fanfaronner. Mais je reviendrai ! C’est isolé, éloigné du monde comme j’aime. Valbert a adoré les marmottes et les chamois.    

Véro

 

 

 

Marguareis, camp spéléo côté italien,du 5 au 10 août 2018
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