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SCV 70

Le Chaland, jeudi 4 janvier 2018

6 Janvier 2018 , Rédigé par DG Publié dans #Sorties

Participants : Bernard Détouillon (SCV) et Damien Grandcolas (ASHVS).

Souhaitant aller faire un petit tour au fond de la galerie de l’Anniversaire pour revoir la salle terminale de cette partie du Chaland, je fais appel aux copains spéléos haut-saônois pour partager cette petite virée. Nanard répond favorablement et nous nous retrouvons donc ce jeudi 4 janvier sur place. Après que Nanard ait bu son petit café (je respecte les rituels du SCV), nous nous enfilons (ne percevoir aucune connotation d’ordre sexuel dans mes propos) dans le puits des Petites Chailles sous une pluie fine mais mouillante... La rivière de l’affluent du Deujeau est haute et celle du collecteur du Chaland présente un débit important. La voûte mouillante de l’amont du collecteur est entièrement noyée. Nous marquons le niveau de l’eau sur un talus d’argile. L’option néoprène que nous avons choisi parait plus que judicieuse... La descente dans la rivière se fait lentement ; l’eau recouvre tout sur son passage. Rochers et autres obstacles piègeant ne sont pas décelables. Je prévois la remontée contre-courant laborieuse. Nous cheminons dans le semi-fossile du Bar-Tabac observant ici et là multiples petites arrivées d’eau provenant des cheminées ou des interstices dans les parois et au sol. Cette galerie ne s’appelle pas “semi-fossile” pour rien ! Aujourd’hui, elle est carrément active ! Arrivé à la bifurcation après la galerie des Chailles, nous escaladons pour rejoindre la galerie de l’Anniversaire que Nanard ne connait pas. Nous évoluons dans ce conduit de 600 m, entrecoupé d’innombrables soutirages, jusqu’à son terminus où une coulée stalagmitique obstrue l’ensemble de la galerie. Nous sommes à 2700 m de l’entrée. L’escalade de cette coulée nous permet d’atteindre une trémie supérieure. Celle-ci se remonte délicatement entre les blocs plus ou moins stables pour enfin atteindre les salles suspendues ; but de notre périple. Pause “casse-croûte” et nous effectuons quelques relevés topographiques des salles. Relevés que nous réaliserons jusqu’à la base de la coulée stalagmitique pour avoir idée de la hauteur de l’ensemble. Le plafond de la salle suspendue se trouve à + 36 m du sol de la galerie de l’Anniversaire. D’après mon estimation, nous sommes à moins de 10 m de la surface. Une radiolocalisation apporterait plus de précisions. A suivre. Au retour, au niveau de la bifurcation avec la galerie principale du Bar-Tabac, nous allons voir une galerie sous jacente à la galerie de l’Anniversaire qui se termine par un méandre parcouru par un ruisseau qui disparait dans un petit passage impénétrable. Nous sortons massette et pointerolle pour essayer d’élargir ; histoire de voir. Aucun élargissement ne se profile... On se dit qu’il serait temps de retourner car le Chaland nous attend et nous ne devons pas rater son départ. Arrivés à la rivière, nous nous mettons à l’eau (eh oui, nous l’avons raté...) et le courant, encore plus fort qu’à l’aller, nous embarque vers l’aval. Aval qui n’est pas trop notre destination ! Nous réussissons à rejoindre le talus en berge et recommençons notre remontée de la rivière agrippés aux parois de la galerie faisant attention de ne pas nous laisser réembarquer par le courant. Nanard et moi nous aidons mutuellement. Et je te pousse, et je te tends la main... Nous réussissons tout de même à progresser, très lentement, mais sûrement. Sûrement dans les 2 sens du terme... et dans le même sens, le bon (Raymond, sort de ce corps...). Je n’ai jamais vu autant d’eau dans le collecteur et n’ai jamais eu autant de difficulté à remonter le cours de cette rivière. Mais, c’est bien sûr ! La Haute-Saône est en vigilance orange “inondation”... Heureusement, les parties les plus critiques sont équipées de cordes; sans elles, la remontée serait impossible à certains passages. Mais, malgré la fatigue, c’est avec beaucoup d’éclats de rire que nous avons surmonté les difficultés. Il est vrai que Nanard et moi avions déjà partagé de semblables moments, à une autre échelle, début des années 80 à la grotte de la Diau en Haute-Savoie.

Moralité : le sympathique courant vous aidant à l’aller devient antipathique et malveillant au retour. Le Chaland en vigilance orange devient un challenge.

Papy Jean-Marie qui n’aime pas surfer a bien fait de rester chez lui.

Damien

 

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