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Trou Pinard, dimanche 29 janvier 2017

29 Janvier 2017 , Rédigé par JLG/BP/SG Publié dans #Sorties

Participants : VOL, BP, TV, SG, JLG, et JMJ en visite le matin

10 h / 16 h 30

Encore beaucoup de neige dans les bois de Borey. Premier boulot, déblayer l'entrée, cachée sous les bâches effondrées, pleines de neige. Portage du matos jusqu'au siphon amont (6 kits). Pendant que les plongeurs s'équipent, TV pose 2 spits pour la corde qui servira de fil d'Ariane. Steph plonge le premier, emmène la corde de l'autre côté du siphon, l'amarre et revient nous retrouver avec l'ancien fil d'Ariane. 12 h 20 : les plongeurs partent, et nous donnent rendez-vous à 14 h.
Histoire de ne pas trop se refroidir, on va avec Thierry se promener dans la galerie des marmites, faire quelques photos, observer les petites bêtes, chercher de beaux cailloux (TV trouve une dent  (de cheval ?)....
14 h 20 : retour des plongeurs, on repart. Pendant que les premiers remontent les puits, Steph et Bruno vont voir le siphon amont.
Casse-croûte habituel, avec bières et Champagne ! (merci Véro)

JLG

 

Nous nous retrouvons à 5 ce dimanche matin à 10h00 à l'entrée du Pinard ( Thierry V, Bruno, Vero, Jean luc et Stéphane). Avec la visite pour le café/beignets de Jean-Marie. Les conditions météo sont toujours parfaites, avec un début de dégel.

Les 6 kits avec bouteilles, matos de désob et divers sont rondement acheminés devant le siphon aval( donné pour 5 m).
Thierry plante deux spits pour amarrer une corde que Stéphane tire dans le siphon. Un superbe becquet juste à la sortie pour l'autre bout, et il revient très vite pour la mise en tension légère des deux cotés.
 
Crapaud Bruno franchit en mono, lesté par deux marteaux et un burin.( 25 ans que j'avais pas plongé...). Puis grenouille Véro enchaîne, et Stéphane à nouveau avec un fardeau pioche/pelle/kit.
 
Dans le bassin de sortie, on cherche la fameuse cascade à péter pour faire baisser le niveau. Euh...un premier seuil de quelques cm, puis un second plus loin ( sable et petits cailloux compactés). Le tout sur sol pleine roche... Zut, c'est le bon endroit??  IL faut croire que oui, que de l'air dans les bouteilles de Christophe en 2016 ?? Tant pis, on rabote les quelques cm, quasi sans effet.
Puis on essaye de taper à la pioche dans le talus, un petit chenal pleine roche semble être présent à gauche.
Après 45 minutes à piocher, on arrête, inutile. Les crues feront le reste éventuellement. Mais le niveau ne baissera quasiment pas.
 
On part se promener, avec multiples arrêts photo. La suite est superbe, extrêmement variée par les différentes morphologies de galerie.( voir croquis).
Un peu avant la fin du fossile, Véro repart chercher la boussole oubliée dans le mini kit, pour prendre quelques azimuts. L'axe principal est à 220°, le gros affluent à 300° (environ). La surprise vient au confluent, avec l'arrivée troublée de l'eau de la perte (située 40 m après le S1 ) : le flux vient dans notre direction, vers l'amont !! Oui, en fait, une butte de terre issue de l'arrivée de l'affluent dirige le flux à contre sens sur quelques mètres. C'est très étonnant. Et juste derrière la butte, le petit débit de l'affluent coule tranquillement.  Par contre, la galerie est énorme par rapport au "collecteur". Quasiment le double. Et pourtant, c'est bien un amont, avec un magnifique siphon au bout de 50 m, dans une galerie 4x5 !!
 
Vers l'aval, après le confluent et malgré la grosse arrivée de galerie, la galerie diminue de moitié !! Complètement tordu ce trou...
La configuration ressemble à un méandre plus haut que large, avec tout le débit dans un chenal au sol de 50 cm de largeur.
Au bout de 100 m, le plafond s'abaisse, et 20 m plus loin, c'est voûte mouillante sévère avant le siphon. De beaux talus de sable gris débutent juste avant, avec les marques du courant.
 
Encore quelques photos, un peu de fumée pour un éventuel courant d'air, et c'est retour vers le S1. Finalement, Stéphane arrive à bout de bras à toucher l'autre coté en avançant au maximum de la voûte ( le niveau est très très bas).
Jean Luc repart immédiatement avec un kit ( dos douloureux), suivi par Thierry. Ils vont nous remonter les kits en haut du puits.
 
Pour finir, Bruno entraîne Stéphane avec une bouteille vers l'hypothétique second  siphon amont situé au carrefour avant le S1 amont.
L'eau est très claire. Stéphane sonde une première fois sur les côtés, sans rien trouver. Je lui indique que c'est à la verticale, plus bas.
La réponse sera dans son compte-rendu....avec le reste...
 
Dimanche prochain, prévision de sortie au PINARD, pour tester la nouvelle perfo du club avec autant de tubes qu'il faudra pour casser le plafond du S1 aval. Prévoyez une néo, perçage dans l'eau. Bruno, Thierry et Etienne sont prévus, quelque soit la météo.
Tout le monde pourra ainsi découvrir la suite et faciliter les portages pour nos amis plongeurs. Ils ont du boulot
 
Un grand merci à Stéphane pour nous avoir prêté les bouteilles et le matériel pour cette belle virée derrière le S1 aval ( futur ex-S1 aval), pendant que Thierry et Jean luc patientaient en arrière (pendant 2h15).
Croquis ci-dessous, multiples photos de Stéphane et Jean-Luc en cours de diffusion.
 
Bruno.
 
Pour compléter les comptes-rendus de mes collègues, voilà donc quelques données “techniques” :-) que j’ai donc pris le temps de peaufiner:
 
Pour cette plongée fond de trou d’un siphon réputé court, avec moins de dos et de genoux vaillants que de porteurs, on avait donc choisi un équipement léger : pas de sanglage anglaise, pas de palme, 3 x 4l + 1 x 3.5l pour 3 plongeurs et une seule ceinture de plombs... enfin Véro avait quand même pris la sienne sur elle, et dès le haut des puits pour être sûre de pouvoir descendre aussi les puits donc ;-).
L’accrochage des bouteilles de 4l s’effectue en partie basse sur les portes-mousquetons des baudriers spéléo, et en partie haute au torse de poitrine. A noter que l’accrochage sur torse Petzl réf. Expé 0148 n’est pas des plus adaptés, car malgré des caouètches pour essayer de maintenir les bouteilles le long du corps, les mousquetons glissent sur la sangle du torse et les bouteilles se baladent allègrement. En cas de franchissement d’un siphon plus long sur baudrier spéléo, lui préférer un torse avec des sangles plus épaisses style AV Spelshoulder Pro réf. 0138 (c’est assez “technique”, comme ça ;-) ?), sur lesquelles on peut rajouter des boucles métalliques. En cas de portage prolongé, porter également les bouteilles directement sur la sangle du baudrier pour éviter une usure prématurée qui nuirait à l’esthétique de nos équipements. Bref, bon exercice, par ex. pour le S2 aval du Wicky avec mise à l’eau sur corde ;-).
 
Trèves de bavardages, je me mets à l’eau dans le S1 aval avec la corde accrochée au delta, et suis le fil posé au fond tandis que Bruno surveille le déroulement de la corde au travers des spits plantés par Thierry. Pour évaluer la section du siphon, je mouline avec les bras au dessus de la tête et de chaque côté, en me tenant le plus possible à la verticale - d’ailleurs tiens, là je suis même debout, et constate avec plaisir qu’il n’y a pas de section piège, super, on ne risquera pas de s’accrocher. Le parcours au fond du siphon doit bien faire dans les 5 mètres, mais doit être plus court en surface car je suis ressorti au milieu de la vasque, ce que je vérifierai plus tard. Le becquet magnifique (photo 4992) surplombant la vasque va m’éviter de planter du split, cool! Demi-tour en déséquipant le fil d’ariane dans la foulée, pour ne pas s’emmêler dedans avec la corde quand on va y revenir, et en me tractant dessus car la corde n’est pas bien tendue malgré la code savant imaginé avant de partir = quand je tire dessus, c’est que je reviens donc tendez la corde ;-).
 
Le temps pour Thierry de fixer la corde correctement au départ, Bruno a déjà passé le S1 en mono-bouteille. Véro le suit avec la même configuration (photo 4975, tiens, je dois avoir de l’eau dans la masque ou alors c’est mon appareil photo qui le simule bien ;-), puis je les rejoins tout pareil. De l’autre côté, on regarde ce qu’on peut faire avec nos accessoires (pioche, pelle US, marteau géol, massette de 5kg de Bruno + burin), et on constate que le seuil d’une 10aine de cm de haut (qu’on aperçoit au niveau de la pioche, photo 4990) n’est malheureusement pas constitué que de remplissage, et que la roche en place est toute suite dessous. Le sol est en léger dévers incliné vers la rive droite, alors qu’en rive gauche le talus de remplissage vient recouvrir la roche. La galerie conserve le même profil sur 4 à 5 m de long, puis le sol s’abaisse et un bassin lui fait suite... ça ferait long à creuser au pétard, faut espérer que la voûte soit désamorçable... Tandis que Bruno et Véro font baisser le seuil à la sortie du S1, j’attaque quand même du côté du bassin, 5m en aval, et constate qu’en tapant de 50cm de profondeur dans le talus, le sol en-dessous redescend un peu par rapport au dévers côté droite, oh pas grand chose, mais de quoi gagner 10cm de profondeur supplémentaire... C’est donc parti, et on va aussi raboter le talus sur 50cm de profondeur et autant de haut, et évacuer les déblais soit sur le dessus, soit dans le bassin... Après ces réjouissances, on réalisera un petit barrage côté rive droite à la sortie de la vasque pour rediriger le courant vers le talus, histoire que les crues continuent à le raboter. On peut voir sur le filmounet pris au retour la sortie du bassin et le talus ainsi aménagé.
 
Après l’effort, le réconfort, on va donc faire un p’tit tour pour voir la suite des hostilités, en découvrant tout émus de temps à autres la trace de l’homme préhistorique qui nous a précédé: empreintes de doigts ou de pas ;-). Je me fais également confisquer mon appareil, donc vous aurez aussi droit aux photos floues de Bruno & Véro, vous verrez que y’a pas que moi qui y a arrive bien ;-). Après quelques passages bas, un superbe pont rocheux (photo 5000), un selfie (photo 5003), une cascade (5007), on trouve une arrivée avec puits remontant en rive droite (jeu: imagine le profil de la galerie en superposant les photos 5017 et 5018), puis on tombe sur l’arrivée de la perte amont, inratable vu sa teinte boueuse (photo 5036), ainsi que sur l’amont (5039) qui est parallèle – on voit les 2 sur la photo 5041. A noter les belles formes calcaire/argilo découpées formant comment un damier (photos 5042, 43, 45, 46, 49), l’amont splendide (5050) et LE siphon amont ! (5055, 56, 57). Au retour on croise un autre puits (5064), que Véro ira voir de plus près mais sans trouver la suite ;-). Puis prise de directions (5075, 77, 78, 80, comme ça on s’en souvient), un p’tit tour à l’aval ou on s’arrête sur la voûte mouillante clapotante, donc siphonante, un peu plus loin que la dernière photo (5090). Puis retour au bercail!
 
Au retour, après avoir encore retiré du chenal un bloc de glaise tombé du front de talus (qu’on voit sur l’image de fin du film), histoire de laisser un travail bien propre, je repasse avec un kit et sans ceinture de plombs, donc forcément je dois m’y reprendre à 2 fois, et me rends compte que le siphon est vraiment court. Je veux en avoir le cœur net, et laisse le kit côté amont sur une banquette pour re-repasser le siphon. je m’avance le plus possible sous la voûte basse après la lucarne, en gardant les pieds au sol, et place la main sur la corde à l’endroit où la voûte touche l’eau. Je repasse alors la tête de l’autre côté... et la ressors toute suite dans la vasque côté aval, avec la main toujours côté amont! Le siphon mesure en voûte une longueur d’avant bras seulement en fait, soit comme mesuré précisément ce soir... 45 cm !!!  Je mesure alors entre le départ du siphon en voûte et la lucarne amont où débute la voûte basse: distance main – épaule opposée, soit 1,20 m. Et on a pied tout du long jusqu’à la voûte siphonnante, ça sera plus facile pour la dégommer, vraiment de bonnes nouvelles!
 
Voilà, je vous laisse découvrir en images la suite que vous verrez bientôt aussi alors ;-) (et quel siphon amont mes amis!).
 
A bientôt pour de nouvelles zaventures,
Steph
 
PS: Côté amont, j’allais oublier, il y a bien un départ de siphon en rive gauche, dans le dernier coude de la rivière avant le siphon amont. En repartant de la plage du siphon amont, et en serrant sur la gauche de la galerie, le sol présente un petit ressaut qui se prolonge en un un beau petit puits de 2m de diamètre, et tout au fond du puits sur la gauche, une lucarne laisse passer le corps entre la voute rocheuse et un talus d’argile à 45°, poussé par le courant mais qui a l’air bien solidifié par l’argile et pas trop friable. A retenter avec 2 bouteilles, en mono je n’ai pu qu’apercevoir un départ de galerie de 2m de large sur 1m de haut peut-être, et constater que je pouvais m’y enfiler jusqu’à la taille en marche arrière, mais il n’y a rien de trop en hauteur... à revoir une autre fois mieux équipé !
Steph G

 

 
Trou Pinard, dimanche 29 janvier 2017
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