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SCV 70

Trou Pinard, plongée, dimanche 4 décembre 2016

9 Décembre 2016

Le rendez-vous est fixé à une heure décente dimanche, soit 11h00/11h30 locales, avec une arrivée effective des plongeurs vers 11h30 + (c’est comme dans les bouteilles, faut toujours un plus ;-), correspondant à un décalage horaire honnête malgré le départ de Christophe du Russey à peu près à l’heure à laquelle Didier l’attendait chez lui, et malgré un repas un peu arrosé la veille pour moi...
 
Accueillis par le café/croissant Haut-Saônois toujours aussi sympathique, après avoir essayé plusieurs excuses pour éviter de se dépoiler et enfiler nos néos par 3°C au soleil (deuxième petit café, une p’tite cloppe, forcément après un bilan champêtre ;-), proposition d’aide en surface pour porter les cadres de radioloc, recomptage de nos détendeurs – ce qui ne sera pas inutile pour tout le monde ;-), bref, on finit par s’y mettre un peu avant 13h. Didier est chaud bouillant et part devant avec 3/4 kits. Il est poursuivi par TV, BD, TL et JLG, qui se précipitent sur les kits restant... si bien que Christophe et moi nous retrouvons sans rien à porter jusqu’à l’entrée (c’est dur, la vie ;-)...
 
On est tous les 3 en configuration 3 x 4 litres, ce qui fait 9 kits à descendre, mais ce n’est qu’une formalité même si on n’arrive pas à les repasser tous à Didier pour descendre le puits, en profitant qu’il est toujours chaud ;-). Didier et Christophe ont testé cette configuration lors de leur plongée du 1er novembre : franchissement du S1 en respirant sur une seule 4l, qu’on laisse à la sortie du S1, abandon de la 2ème 4l à la sortie du S3 et franchissement du S4 sur la bouteille restant (il passerait en apnée). Arrivé au S5, on reconstitue un bi 2x4l pour le plongeur de pointe, faut en profiter car quand il passera faudra qu’on porte nos bouteilles plus loin... sauf si les copains en surface peuvent arriver sur le réseau par une cheminée entre les siphons ;-)...
 
Ce dimanche, le débit de la Colombine est légèrement au-dessus des 500 l/s, rien à voir avec le pic de 7m3/s du 20 novembre. Avec la météo de ces derniers jours, on espère avoir une super visibilité pour nous permettre de franchir le S5 récalcitrant, non franchi la dernière fois par Didier car très trouble... C’est ce que constate d’ailleurs Didier en mettant les pieds dans la rivière, même si les niveaux sont encore quelques 30 cm plus haut qu’en octobre. Il part le premier pour remettre le fil correctement, et progresse avec la balise le plus à l’horizontal possible pour que l’équipe de surface puisse nous suivre. Christophe profite encore d’un peu de visibilité en se collant derrière lui et en admirant les volutes de touille, tandis qu’en dernière position je me contente de suivre le fil en remettant mes neurones en place.
 
A la sortie du S1, Didier fait une pause balise pour permettre sa localisation précise en surface, pendant que Christophe et moi poursuivons jusqu’au départ du S2, où Didier nous rejoint et refait une petite pause balise. Christophe et moi enchaînons jusqu’à la galerie fossile avant le S4, où l’on s’installe pour poser une main courante. Un soutirage au milieu de la galerie (surélevée de 2 à 3m par rapport au niveau de la rivière) nous oblige en effet à passer sur son côté, sur des bancs de glaises collés à flanc de la paroi où on a taillé des marches. Nos passages répétitifs entrainant cette couche de glaise vers le bas, nous craignons que d’ici plusieurs passages nous descendions d’un niveau, donc avec la prudence qui nous caractérise nous avons décidé de sécuriser le passage. J’arrive à planter un spit malgré ma forme olympique, puis Christophe arrive à éclater le rocher en plantant le 2ème délicatement. Enfin la corde est posée, malgré des phénomènes peu communs visibles sur les photos: crue soudaine, suivie d’une décrue toute aussi soudaine, puis d’un phénomène dit bariolé, sur lequel les scientifiques s’interrogent encore (dernière photo artistique, j’ai viré les autres et il faudra peut-être que je cherche un nouvel appareil...).
 
Le S4 dont je ne connaissais que la vasque splendide est court et de taille confortable, puis nous fonçons jusqu’au S5, belle vasque également, mais de taille plus réduite. Comme Christophe nous le fait remarquer, on a perdu l’écoulement principal depuis une dizaine de mètres en aval, qui provient de deux arrivées en rive droite, donc il s’agit plutôt d’un siphon suspendu dans une branche secondaire. Etant désigné pour y aller, sans doute vu ma prédilection pour les siphons étroits – merci les copains ;-) - je m’y engage sans palmes après avoir récupéré la ceinture de plombs et le sécateur de Christophe, car j’avais tout laissé à la sortie du S4. Didier fixe le départ du fil en hauteur sur la droite de la vasque, pendant que je me mets à l’eau et déroule 3 à 4m jusqu’au départ du siphon proprement dit, où je me cale avec un pied au plafond pour amarrer le fil au sol. Le sol est couvert de glaise, ça va touiller sec au retour... et cela confirme que ce n’est pas l’écoulement principal qui passe par ici. Je trouve quand même une continuité de galerie, d’en gros 1m de large pour moins de 50cm de hauteur, qui tourne à droite mais se pince rapidement: sur la droite avec un talus de glaise, en face également, même si la galerie semble se continuer, et avec un départ en laminoir encore plus bas sur la gauche... Merde, y’a rien d’évident... Je lève la tête, je peux la sortir de l’eau, et sors dans une diaclase étroite de moins de 50cm de large, qui se prolonge bien sur quelques mètres, mais se pince... J’ai parcouru 10m depuis l’amarrage du fil, soit 6 à 7 m de longueur noyée... Je remets la tête sous l’eau pour vérifier, dans le prolongement de la diaclase émergée cela se pince bien aussi, la seule suite est donc le laminoir sur la gauche. On voit à presque 2m, mais ce n’est pas large et ça frotte de tous les côtés, ça ne sera pas la voie royale... Demi-tour après avoir progressé d’à peine 1m, il faudrait revenir avec des bouteilles super ajustées (ce qui n’était pas le cas aujourd’hui) voire des 3,5l ou un narghilé...
 
Au retour je partage ma déconvenue avec les copains, et nous retournons vers l’aval, où Christophe nous montre les deux arrivées d’eau en rive droite. Je plonge la première arrivée en mono-bouteille vu son étroitesse, et ressors au bout de 50cm dans une diaclase parallèle à la galerie, qui communique à l’air libre par le haut, avec comme un surcreusement vers le bas mais trop étroit pour être plongé... La deuxième arrivée d’eau est par contre nettement plus intéressante: après un petit talus de glaise, on retrouve la roche en place, dans une galerie plus haute que le laminoir dans le S5, de l’ordre du mètre de diamètre. Par contre, la visibilité est exécrable... ce qui veut dire... que c’est en relation avec le S5, bingo! Continuer ainsi ne rime pas à grand chose, d’autant plus qu’il faudra amarrer avec des plombs largables, que je n’ai pas sur moi, mais c’est prometteur pour la suite, c’est d’ici qu’il faudra réattaquer les plongées pour essayer de trouver la suite, et avec un peu de chance cette galerie débouchera à l’amont du laminoir du S5... A suivre!
 
Retour sans souci, Didier passe le premier, et je le suis à distance, plus que talonné par Christophe, qui me pousse du casque alors que je suis en arrêt à l’un des amarrages sur piquet, car je ne trouve pas toute suite la continuité du fil. Cela arrive en effet assez souvent vu que la visibilité est réduite de chez réduite: il faut garder une main sur fil au niveau du piquet, et avec l’autre bras on mouline dans la direction où on pense pouvoir trouver la suite, jusqu’à retomber sur le fil... Je finis par le retrouver et progresse plus vite pour ne pas me faire doubler par l’animal toujours joueur, avec l’avantage qu’il tend le fil en ravalant le mou vers l’amarrage précédent (malgré nos précautions le fil se relâche parfois, avec un amarrage qui saute ou un piquet qui se déplace), donc je peux progresser plus facilement sur le fil tendu et mettre de la distance par rapport à lui.
 
Sortie vers 18h00/18h30, avec les copains de surface qui viennent nous filer un coup de main pour ressortir le matos, sympa, même qu’encore une fois je suis délesté du kit que je comptais ramener aux voitures ;-).  Quelques palabres, chinois, bière et damassine plus tard, nous nous séparons jusqu’à la prochaine, ça va passer ;-)!
Stéphane Guignard
 
Trou Pinard, plongée, dimanche 4 décembre 2016
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