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SCV 70

Espagne, FFS Porracolina 2016, séjour du 4 au 16 août

20 Août 2016 , Rédigé par BP Publié dans #Sorties

Dès le lendemain de mon arrivée, ça commence fort : descente vers -400, il reste un P 100 à équiper pour jonctionner le gouffre du "plan B" avec la rivière d'un réseau exploré dans les années 1996-2000 par les équipes françaises, mais dont l'aval était devenu très difficile à atteindre humainement et ce, malgré plusieurs bivouacs. 27 km avaient alors été explorés, puis rattachés à un réseau totalisant 130 km... Ce nouvel accès permet d'atteindre le fond situé désormais à environ 2km du bas du puits. Le sujet étant sensible localement, je ne cite pas de références. Nous sommes 4, le couple Degouve, et Gotchon, un spéléo basque, souvent convié.

Après 30 minutes de marche, l'entrée, qui a été désobstruée en moins d'une journée, est située dans une petite doline banale en flanc de montagne. Sauf que le courant d'air aspirant n'est pas banal!! Pour faire simple, c'est presque un P 380 qui se situe sous nos pieds. Deux paliers et quelques vires offrent de souffler sur 280 m de descente fractionnée, la plus grande longueur doit mesurer 40 m. Un peu serré à l'entrée, le puits ne fait que s'élargir au fur et à mesure de la descente, c'est propre et superbement découpé. Mais quelques passages sont délicats, des placages sont instables et quelques pierres s'échappent trop facilement, obligeant le port du sac à la ceinture et une vigilance importante.

A - 280 environ, un niveau fossile est atteint, terminus de l'exploration de juillet. Le puits continue presque directement et jonctionne avec la partie haute du canyon (le sommet du canyon mesure 130 m au moins à cet endroit...). Il reste 100 m à descendre, la rivière en bas est très audible depuis le niveau -250. On cherche donc un accès qui ne sera pas plein vide, trop long à remonter en équipe. A 50 m , dans le fossile, une ouverture en hauteur donne sur un bord de paroi. Patrick équipe rapidement avec une corde de 90, puis termine avec la 60. En trois fractios, un palier et un déviateur, il est en bas sur un talus qui surplombe la rivière de 10 m. Tout le monde rejoint, Jonction!! nous sommes à -380- 390 environ! L'aval et l'amont étant limités par des bassins, on fait quelques photos en fouinant un peu (un affluent trouvé..), puis casse croûte et on remonte en 2h30. Sortie de 8h avec les accès de marche.

 

Les jours suivants sont consacrés à de la désob (pailles...) et à du rééquipement ( pose de 10 fers à béton en vire au dessus d'un lac à -100) dans 3 cavités connues mais stratégiques, et une autre dans une petite rivière sympa mais il nous a manqué deux pailles pour passer. ( grotte de la "Poissonnière")

 

S'est intercalé dans cette série, une sortie dans un secteur difficile d'accès, à 2h de marche, vers un méga lapiaz boisé, proche du "Canal del Haya".

Il faut d'abord récupérer 250 m de cordes qui attendent à l'entrée du gouffre des Trois Yeux, déséquipé car terminé, pour les basculer vers l'entrée de notre objectif du jour situé à proximité (500 m à vol d'oiseau, mais plus d'une heure de parcours du combattant dans un labyrinthe minéral et végétal). Seul le P 30 d'entrée et le P 10 suivant sont connus. La suite est retrouvée facilement, mais c'est un méandre incliné et tordu, pas simple à équiper ( je manque de pratique régulière pour équiper efficacement en première...).

Finalement, on bute à -82 en bas d'un P15 sur un passage étroit mais au dessus de la suite bien visible et plus large. ça aspire bien, mais il faut deux pailles que nous n'avons pas.

Ce sera un objectif futur, pour des gens bien motivés, vu la difficulté d'accès. On laisse deux sacs de corde sous des blocs à coté de l'entrée à cet effet.

 

Pour se "reposer", Guy Simonnot propose à Jean Noel Outhier (venu du 01) et à moi même, d'aller randonner et repointer des trous dans la vallée de Rolacia au coeur du massif. Ce ne sera pas vraiment du repos, 900 m de montée avec un sentier peu fréquenté et recouvert par les fougères, attaques répétées de tiques et forte chaleur. Mais c'était vraiment magnifique ( voir photos en extérieur) et on a retrouvé les trous prévus pour les pointer au GPS.

 

Le lendemain,samedi 14, retour au "plan B" avec l'objectif d'aller avec une néoprène chercher un lieu propice à un futur bivouac. En 1h15 nous sommes en bas.

Changement de tenue,et direction l'aval, poussés par un courant d'air sensible ( le canyon ne mesure que 6 à 10 m de largeur au niveau de la rivière) mais c'est tellement fort qu'on le sent bien en permanence. On marche sur un lit de graviers et de galets, dans un canyon sculpté et sauvage avec parfois de petites cascades. Le niveau d'eau est assez bas, les quelques bassins traversés préservent le haut du corps. Il faut parfois escalader assez haut des effondrements ponctuels qui barrent complètement la voie. A 1km en aval, un gros volume effondré barre le canyon. Les blocs tombés du plafond obligent à monter de plusieurs dizaines de mètres. On ne voit presque plus la paroi d'en face. Une galerie fossile en hauteur ( connue, "la galerie argileuse) offre le point de bivouac recherché. Sans être complètement certains qu'une mise en charge sur + de 40 m ne soit possible vu les traces anciennes effacées par endroit.

On en profite pour fouiner un peu. Un affluent marqué bouché sur la topo se révèle accessible facilement avant de terminer sur un puits remontant dans une branche et un puits descendant dans l'autre ( on a pas de corde ni baudrier..).Dans la grande salle, on repère un gros départ fossile en haut des blocs en face, c'est pas connu donc on y va. Après 700 m de topo et deux culs de sac dans des galeries fossiles mais argileuses parfois ( 5x8 de moyenne), il est temps de rentrer. Un gros départ non reconnu, avec beaucoup beaucoup d'air sera pour une prochaine sortie. La sous combi sèche et les baudriers nous attendent en bas des puits, à nouveau 2h15-2h30 de remontée. TPST 10h. Photos en cours de récupération, si la clé USB refonctionne.

 

Quelques jours auparavant, des amis espagnols du club de Ramalès nous ont proposé de les accompagner dans une traversée dans le massif mitoyen, contenant le plus grand réseau espagnol (- 900, +140 km). Ils sont invités dimanche pour en parler afin de consacrer le lundi 15 aout à cette "ballade". Bien nous a pris de consacrer ce dimanche à du repos, après cette grosse sortie "au Plan B".

 

Ce sera donc la traversée gouffre d'ACEBO ( alt 1250 m) vers le réseau RUBICERA ( sortie alt 700?). Nous serons 6. Patrick, Jean Noel et moi, avec 3 espagnols.

Riccardo ne l'a fait qu'une fois, lors de l'équipement "inox" des rappels. Cardin et une de ses amies l'accompagne. Cardin connait assez bien le réseau.

Après 1h30 de montée, nous entrons dans ACEBO à 11h. Environ 250 m de rappel plus loin ( puits de 30 m maximum), on débouche au plafond sur le côté d'une grosse salle dans les grès. En fait, c'est le sommet d'un P 240, dont l'orifice supérieur mesure 100 m de diamètre. Il faut longer les bords pour trouver la suite en hauteur, une corde pend du plafond, dans un petit méandre (découvert depuis une dizaine d'années). La descente vers -640 est incroyable par la variété des conduits. Presque tout ce que un spéléo connait est parcouru. Méandre, puits, galerie inclinée, cascades, lacs, gours, laminoir, étroiture, ramping, etc etc. Heureusement, on ne nage pas et ça mouille modérément. Quelques passage clés sont flèchés, mais sans guide, il aurait fallu chercher. Un peu avant le point bas, jonction avec le reseau de Rubicera ( +40 km de galeries..). Mais il faut remonter un P 30, monter/descendre dans un labyrinthe de grosses galeries fossiles pour rejoindre la sortie. Le dénivelé cumulé doit dépasser les 800m. Sur environ 5km de traversée. Les 500 derniers mètres, après passage dans une trémie ventilée, s'effectuent dans une méga galerie fossile qui mesure parfois 150 à 200 m de large ( galerie double par endroit..). On sort en pleine falaise dans la vallée d'Ason. C'est grandiose. Le retour vers la voiture est à 45 minutes, via une vire dans la falaise. Spectaculaire également, et partiellement équipée en cordes fixes. TPST 9h +2h15 de marche. Pour terminer ce séjour, cette "classique" est sans regret. Inoubliable. Photos :idem, problème de clé USB.

 

Bruno

 

Espagne, FFS Porracolina 2016, séjour du 4 au 16 août
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