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SCV 70

Frais Puits, plongée, le vendredi 26 décembre 2014

27 Décembre 2014 , Rédigé par SR Publié dans #Sorties

L'objectif d'aujourd'hui était de vérifier un départ en plafond dans la 2°cloche (650 m de l'entrée) au terminus de la galerie morte. Cette branche constitue la partie fossile du réseau de l'ancien aval de la grande rivière du Frais Puits (réseau de Cerre Les Noroy) et s’étend certainement jusqu'à la grotte de Champdamoy  à 2 km de là. Grotte  aujourd’hui effondrée.

Malgré des conditions climatiques difficiles, un niveau élevé du Frais Puits en début de semaine, je décide de faire une tentative le lendemain de Noël.

Le niveau est descendu, la turbidité s'est estompée rendant la vasque très belle et laissant entrevoir le départ de la galerie ce qui est rare. Vers 10 h 00 nous nous retrouvons dans le champ au dessus du Frais Puits avec Jean-Luc et Jean Marie pour faire le portage jusque dans la vasque. Vers 10h30 nous sommes rejoins par Bertrand et Thierry de l'usine des eaux de Quincey. En effet la sonde qui mesure la hauteur d'eau du Frais Puits est hors service. Il faut donc la changer.  

Après une longue séance d'habillage je me mets à l'eau et commence par le démontage de la sonde immergée à 1,5 m de la surface. Après quelques péripéties, elle sort enfin de son tube.

Vers 12h00 je pars pour ma plongée dans une vasque devenue couleur chocolat, la recherche du départ du fil d'Ariane est comme souvent un jeu de colin-maillard.

Rapidement tiré par mon scooter je prends à droite au premier carrefour ; à 40 m la visibilité ne dépasse pas les 3 à 4 mètres. Mes 2 nouveaux recycleurs latéraux me permettent de passer rapidement entre le talus d'argile et la plaque rocheuse surbaissée qui fait suite.

Je passe le petit puits et j'arrive au 2° carrefour à 170 mètres de l'entrée. Là, comme souvent, la visibilité tombe à 1,50 mètre. Le courant qui vient de la grande rivière dans la galerie de droite est important, je monte la puissance de mon scooter et l’emprunte laissant sur ma gauche l'aval qui rejoint la Font de Champdamoy.

Après un passage à – 19 mètres de profondeur, je remonte jusqu'au dernier croisement de galerie à 370 m. Cette fois je laisse l'amont de la grande rivière qui part sur la droite et continue tout droit dans la branche inactive du réseau.

Dans cette galerie, plus de courant et plus on avance plus l'épaisseur de dépôt d'argile est importante et à chaque arrêt une enveloppe d'eau trouble m'entoure rendant la vérification de l'état des fils d'Ariane difficile, une véritable galerie de boue.

J'arrive sur une grosse roche plate que je reconnais bien et dépose là mon propulseur car la suite est étroite et la remontée dans la trémie délicate.

Là, sur les 3 fils d'Ariane qui équipaient la galerie, seuls 2 continuent puis 15 mètres plus loin plus qu'un seul. Le reste d'une bobine est accrochée sur un becquet, comme si les précédents explorateurs avaient jeté l'éponge les uns après les autres.

Je me faufile entre les blocs et j'arrive à l'endroit où l'an dernier lors d'une tentative en binôme, Fred Martin avait reçu un bloc sur le casque et le fil avait cassé...

Je suis le fil neuf que j'avais remis en place et émerge dans la vasque. Le siphon 1 est franchi mais plus de 45 mn se sont déjà écoulées depuis mon départ.

Tranquillement je décroche mon matériel et le fixe sur le fil amarré autour d'un gros rocher. Pas question de laisser échapper une bouteille ou un recycleur qui glisserait dans la vasque boueuse et repartirait dans la galerie me privant ainsi de tout moyen de retour.

Je sécurise ensuite le rocher avec une corde que je fixe en haut de l’éboulis sur une grosse dalle. Cette corde facilitera la remontée de la vasque jusqu'à la galerie émergée de 70 mètres de long qui fait suite avant le S2 suspendu.

Après une escalade dans l'éboulis, je traverse les 70 mètres de la grande salle non sans mal.  Il faut se faufiler entre des grosses dalles dont les bords sont parfois affutés comme des rasoirs. Le S2 semble avoir changé, en fait il a baissé d'au moins 50 cm. La vasque s'étend maintenant sur une bonne vingtaine de mètres avec un virage à droite de presque 90° que je n'avais pas vraiment remarqué sous l'eau. Le fait que le Frais Puits n'ait pas coulé depuis longtemps semble y être pour quelque chose. C'est à se demander s'il ne finirait pas par « dé-siphonner ». Je nage jusqu'à la voûte peut être que ça passe en apnée mais une fois sous l'eau, la visibilité ne dépasse pas un mètre cinquante je ne vais pas prendre ce risque seul.

Seul, en effet, je suis bien seul pour faire le portage entre le S1 et le S2, et les délais que j'ai prévu ne sont pas du tout adaptés. Il est déjà plus de 14 h 00, il est temps pour moi de repartir.

Je redescends dans la vasque du S1 qui s'est éclaircie pendant mon absence, minutieusement je me ré-équipe j'accroche d'abord les bouteilles derrière puis les recycleurs sur le côté ensuite la bobine de fil, le kit de survie et le kit d'escalade.

Je teste mes 2 recycleurs puis je me laisse glisser les palmes en avant en tenant le fil main gauche, la couleur de l'eau est redevenue chocolat.

Je suis le fil au touché mais rapidement je suis confronté à un problème, le fil passe derrière un rocher et je ne peux pas le suivre, je tends le bras pour le reprendre derrière, plus loin mais pas moyen et pas question de le lâcher dans cette boue liquide.

Pourtant il y a de la place là où je suis, je le sens bien avec mes palmes, mais bon le passage n'est pas là. Je me souviens, j'ai déjà vécu cette expérience il y a quelques années, j'avais dû batailler un bon moment.  C'est très angoissant de sortir un siphon et de ne pas retrouver le passage pour repartir. En fait à cet endroit la galerie se dédouble et je me suis engagé du mauvais côté. Je remonte presque jusqu'à la surface et je redescends cette fois le fil dans la main droite toujours palme en avant et ça passe sans problème. Je rejoins rapidement mon propulseur et retrouve la partie active du réseau à 370 m. Ça pousse fort dans cette galerie de 200 mètres de long qui fait la liaison entre les 2 rivières souterraines. Je mets juste quelques coups de gâchette avec le propulseur pour la stabilité et pour ne pas le doubler. Quand soudain je tape un grand coup le casque dans une roche basse : je suis stoppé net, mes cervicales craquent un coup, mais ça va, pas de casse, je repars doucement en levant bien les yeux cette fois.

Il est presque 15 h 00 quand j'arrive à la sortie, j'envoie mon propulseur à la surface et je reste un peu dans l'entée à -2 pour refixer les 2 mètres de fil qui traînent sur un caillou pour le cas ou Véronique plonge pour remettre la sonde, qu'elle puisse trouver le départ du fil plus facilement, si elle veut en profiter pour faire un tour...

J'émerge enfin : Jean Luc, Thierry et Jean Marie sont là, ils ont vu le scooter sortir quelques minutes auparavant, seul, de la galerie et se doutaient que je ne devais pas être loin derrière... 

La remontée du matériel va être rapide car Jean Luc est descendu dans le champ avec son 4X4 : encore un grand merci pour le coup de main.

Je compte bien refaire cette plongée seul ou en binôme en espérant cette fois que je pourrai enfin revoir ce départ en plafond et pourquoi pas trouver la suite de ce vaste et passionnant réseau.

 

Sylvain

Frais Puits, plongée, le vendredi 26 décembre 2014
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F
Passionnant ! Tes récits d'explo me font rêver ! Et un peu peur aussi ^^
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