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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 12:24

Yonyon et moi partons le 7 octobre pour la Savoie (nous devions être 4, mais Thierry V et Thierry G ont renoncé pour des questions d’emploi du temps) pour faire la traversée Perrin-Cavale, invités par Bruno Schlosser du Spéléo-club de la Seine. Cette sortie est annoncée comme une « balade », dans une superbe rivière, d’une durée de 7 à 8 h. L’hébergement est prévu chez Eric David, de l’ASAR73 (Aix les Bains), qui connait le trou et nous servira de guide. On va se régaler.

On se retrouve donc tous chez Eric, le vendredi vers 20 h : il y a là Eric, bien-sûr, Bruno et Dominique avec qui nous avons fait la traversé de Cerre en août, Laurent, Fabrice et Anne (qui ne fera pas la sortie avec nous). Repas sympathique, à base de produits locaux, puis dodo.

Le matin, levé 7 h, arrivée au parking vers 9 h. Eric contacte un copain, membre du SSF qui s’inquiètera s’il n’a pas de nos nouvelles à partir de 21 h. Il commence à pleuvoir, mais le copain en question nous informe que la météo annonce 3 mm d’eau dans les prochaines 36 h, on est peinards !

Entrée dans le trou à 9 h 45. Petite galerie désobée, du pas trop gros, mais ça passe sans souci. Ensuite,  partie boueuse que semblent ne pas trop apprécier les spéléos du secteur, et qu’ils vont d’ailleurs bientôt shunter. Yonyon et moi, nous sommes dans de l’élément connu, très fréquent dans nos cavités, et ça ne nous pose aucun problème. Ensuite, long (très long) méandre (600 m je crois) étroit, pas fait pour les grands et épais comme moi, entrecoupé de puits  (P4, P6, P10, P 13 et pour finir P 23, à l’équipement en place de première et aux fractios un peu, voire beaucoup tendus, mais ça passe quand même pas mal). Dans le P 13, Laurent fait une erreur dans la mise en place de son descendeur, et descend sur une seule poulie. Il arrive très très vite en bas du puits, heureusement plat, sur ses bottes et sans dommages. Plus de peur que de mal.

Le méandre continue (les noms diffèrent selon les régions, en Savoie : galerie ; chez nous : méandre étroit !) et s’agrandit peu à peu.  Enfin, ce méandre se parcourt les pieds au fond, il est très propre et très beau, on y voit même de belles concrétions. On arrive bientôt dans la rivière du Larcoutier que l’on commence à remonter. Belle rivière, progression aquatique, bassins à passer en oppo, sur des vires équipées  ou dans l’eau, remontée de cascades… c’est superbe. Certains commencent à être frigorifiés, à manquer de lumière, à être fatigués, mais on ne peut pas s’arrêter là, il faut sortir de la rivière, pour être à l’abri des crues et on s’arrêtera au début de la partie fossile. La pause repas et de très courte durée, on est très en retard sur l’horaire estimé, et Eric n’a pas très envie de voir un secours se déclencher. Depuis le début de la rivière, l’ambiance sonore est très intense, même dans la partie fossile, on entend l’eau partout. Dans nos grottes, un tel bruit d’eau serait très inquiétant.

On rejoint la Cavale, magnifique également, que l’on commence à remonter. Tout le monde est frigorifié, suite aux immersions partielles (ou presque totales pour certains). Le débit est très fort, ça « pisse » de partout, les affluents  crachent fort. Il doit pleuvoir pas mal en surface. La fatigue est de plus en plus forte et certains ont du mal à avancer, en remontant le courant. La rivière n’en finit pas. Heureusement, plus on remonte, plus le débit diminue. Et là, j’apprends, que, peut-être, il pourrait y avoir une étroiture qui siphonne, juste avant les puits de sortie… Vaudrait mieux pas, vu l’état de fatigue général et le manque de lumière de certains… ça fait déjà plus de 9 h qu’on crapahute, je nous vois mal faire demi-tour. Tout va bien, ça passe à l’aise, juste un peu d’eau au fond de l’étroiture, mais vu qu’on est déjà trempé… Mais derrière, mauvaise surprise : les 2 puits (P5 et P 20) de sortie sont arrosés. Super, ça nous manquait … Heureusement qu’Eric était venu la veille équiper le P20 en double, ça permet de sortir plus vite. Certains sont complètement cuits, et ont beaucoup de mal à remonter. Après les puits, un petit ressaut à descendre, quelques passages en escalade et désescalade et on se retrouve dehors … sous la neige qui tombe abondamment. Cerise sur le gâteau, marche retour de ¾ d’heure, dans 5 cm de neige et sous la neige qui continue de tomber plein pot. On arrive aux voitures à 21 h 50. Eric se dépêche de téléphoner pour annuler tout début de secours. Heureusement, rien n’était encore lancé, juste quelques coups de fil entre spéléo du SSF. On apprend que finalement, il a plu toute la journée, et Eric confirme qu’il n’avait jamais vu autant d’eau dans la rivière.

Bilan : TPST, 11 h 15 + la marche retour : 12 h. C’est plus de mon âge, même si je ne suis pas le plus « cassé » à la sortie. Superbe traversée, très belles rivières, qu’on n’a pas pu apprécier totalement, le temps étant compté. J’ai fait quelques photos, mais la buée permanente n’a pas permis de faire ce que j’aurais voulu. Le déshabillage/rhabillage sous la neige a été rapide, malgré les douleurs et on a tous apprécié la chaleur des voitures pour le retour. Arrivée à la maison vers 23 h. Bruno s’est mis aux fourneaux pour finir de nous préparer une magnifique choucroute, avec tout ce qui va bien (charcuterie, vins, …).

Une bonne nuit réparatrice, et au lever, on compte nos courbatures, hématomes… A midi, on finit la choucroute et on repart chacun chez soi.

Un grand merci à Bruno, qui nous a invité pour cette superbe traversée et nous a préparé cette excellente choucroute, et à Eric, qui nous a accueilli chez lui et guidé dans la traversée.  

11.10.08_perrin-cavale.jpg

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