Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 08:53

Traversée de la Diau par les Trois Bêtas. Samedi 8 octobre 2011.

Au contact de quelques participants aux dernières JNS, je me suis immiscé dans un groupe GSB/GSML pour la superbe traversée de la DIAU ( -670).

Départ vendredi dans 2 voitures pour 4H30 de route par la Suisse après avoir regroupé les 10 participants chez Jean Paul à Kingersheim. Nous rejoignons un ancien du coin, ayant migré vers Annecy, Alain Gobart, il va nous guider dans cette traversée qu'il n'a plus faite depuis quelques années. Jean-Paul a loué un gite de groupe sur le plateau des Glières, à 10 min de route de l'accès au parking de la Diau. Deux groupes sont formés, les moins aguerris iront avec Jean-Paul par la Diau pour remonter la rivière et tenter de nous rejoindre (Valérie et Eric, Sylvaine, Stéphane dit BOB). Ils vont néanmoins se lever à 4h15 avec nous (couchés minuit) pour nous accompagner vers l'entrée sup et redescendre les voitures (Les frères Heidet, Fabrice, Alain, Poupette et moi). C'est dans quelques cm de neige fraiche que nous accédons au lever du jour à la discrète entrée des 3 Bêtas (merci le GPS) après une grosse demi-heure de sentier facile puis de beau lapiaz. Tout va se faire en rappel avec 4 cordes (72, 60, 2x50 + 1 secours de 40). Alain annonce qu'il ne faut pas trainer, nous devons passer les 150 derniers mètres de méandre d'accès à la rivière avant 14h, sinon gare à la crue... A 8h00 Bruno attaque le P88 d'entrée, fractionné en 3 longueurs, accompagné par Eric. Serge est au déséquipement avec Alain. La roche est claire et saine, ça s'élargit au fur et à mesure, quelques gouttes commencent à perler en bas. Derrière nous, au premier tronçon, la corde est coincée, ça commence bien. Mais problème est assez vite résolu en tirant à deux. Dans un relais, un autre petit retard s'amorce. Les nombreux puits s'enchainent, l'humidité augmente. On n’est pas en avance. Nous casse-croûtons au sec vers 11h30 avant le puits des

Échos, zone de la jonction. En bas de ce magnifique puits qui commence à arroser fort, nous enfilons les combinaisons néo. Ça pisse un peu partout, Alain s'inquiète. Poupette a grillé de l'énergie dans les puits avec son kit, nous lui prenons pour la ménager. La suite est une belle succession de puits très arrosés et superbes, de cascades à descendre avec douche systématique à 6/7°. Nous sommes en retard. Le courant pousse de plus en plus. On entend à peine les « libre » gueulés depuis le bas du P30 avec la cascade qui jaillit à mi-hauteur, un des plus beaux du parcours. Le méandre est bien actif et assez joli, le ruisseau tend à gonfler encore. Nous atteignons le bas du dernier P 11 vers 14h30, avant la galerie du courant d'air, susceptible de nous bloquer. Heureusement, le niveau est encore acceptable, nous parcourons rapidement les derniers 150m avant de déboucher dans le calme du collecteur, Alain est soulagé.

La rivière est belle et s'allonge en grands bassins. Nous partons vers l'amont voir rapidement le lac de la Banane, puis il nous reste encore presque 3km de rivière avant la sortie. Seconde pause dans une grande salle avec point chaud en place (pour les secours), certains sont déjà frigorifiés après des trempages successifs. Bougie, couverture de survie, café chaud. Nous repartons vers 16h30 après avoir récupéré deux bidons et une corde du club d'Alain. La rivière enfle, une petite crue se confirme, Alain n'a encore jamais vu autant d'eau lors d'une visite, mais c'est sans risques (la neige de la nuit a fondu sur les plateaux, l'eau arrive en moins de 6 h). On se relaie pour le porter le kit en rab.

Le collecteur est souvent large de 3 à 4m, il est encombré de blocs plus ou moins gros qui ne facilitent pas la marche dans rarement moins de 50 cm d'eau. On progresse sur les berges chaque fois que possible. Des équipements fixes plus ou moins anciens sont placés en main courante lors du passage de bassins profonds, de rétrécissements avec un fort courant ou de cascades suivies de vasques avec tourbillon. Mais il n'y en a pas partout. Les affluents grossissent le débit, le courant est devenu très fort et même les plus costauds se font déséquilibrer. On doit approcher le demi m/3 seconde. Encadrée de près, Poupette est néanmoins emportée plusieurs fois et rattrapée à temps, y compris sous l'eau intégralement. Mais la fatigue est installée, ça devient difficile. Les passages avec courant sont franchis en opposition, sur les bords au mieux. Ça pousse de plus en plus. On arrive à un resserrement appelé justement « les rapides ». 50 m de long, 1,50 de large, impossible de lui faire franchir en opposition. Bruno part installer une main courante qui servira à tous, ça passe, Serge déséquipe derrière. Plus loin, quelques passages et cascades non équipés seront encore bien humides pour tous. Poupette avance au mental, mais elle avance. Alain lui annonce enfin que nous allons sortir du collecteur lorsque nous retrouvons une zone calme. Le sourire et la motivation reviennent malgré la grosse fatigue. Nous empruntons alors de belles conduites forcées presque sèches, quelques passages aériens avec vires, échelles fixes, méandre pour retrouver la rivière dans la zone des pertes. La crue a généré une superbe cascade à cet endroit. Nous repartons vers la sortie, non sans avoir encore mouillé intégralement la néo à deux reprises. Nous n'avons pas fait la jonction avec l'autre groupe, qui a erré un moment dans la zone d'entrée pour trouver les passages, puis rebroussé chemin face au courant dans la rivière. Ils se sont fait plaisir néanmoins, à entendre leurs récits du soir. Il est presque 20h30, 12h30 que nous sommes entrés sur le plateau (à 6, avec la crue et sans se presser, c'est honnête). Les autres sont sortis à peine une heure avant. Il faut alors 30 min pour descendre du porche vers le parking. Nous nous changeons sous une pluie très fraiche avant de retrouver la neige en remontant au gite. Presque 10 cm recouvrent la route!

La douche chaude va attendre un peu, palette et pommes de terre vont remplir les estomacs (merci Jean-Paul), y compris ceux qui ont plus sommeil que faim. Chacun évoque son périple, l'ambiance est excellente et le lit attendra un peu. On termine au calva et au génépi au milieu des histoires de BOB et de Bruno qui se renvoient la balle.

A 9 h, tout le monde est au petit déjeuner, on se remémore déjà les aventures de la veille. Nous quittons le gite vers 13h30 après un repas léger pour la route et nettoyage. Quasi rien à laver au retour, on ressort propre et lessivé...

Une très belle traversée, une des plus belles de France paraît-il, je confirme.

Merci à Jean-Paul pour l'organisation, à Eric Heidet pour le matériel du club, à Alain pour avoir accepté de nous guider, et à tous les participants pour leur bonne humeur. Photos à venir ou à voir sur le site du GSB.

Bruno

topo-diau.jpg

Partager cet article
Repost0

commentaires