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  • : Vie du club SCV70, consacré à la spéléologie, et un peu le canyoning et la via ferrata.
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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 07:11

Arredondo en Cantabrie – Du 24 au 31 octobre 2010

 

Jean-Luc, Bruno et Etienne

 

Dimanche 24. Longue route –1200 km – pour rejoindre le village d’Arredondo. Bruno nous conduit avec sérénité et efficacité, régulier comme un métronome avec de brefs arrêts pique-nique. Arrivée dans la soirée dans la sympathique « cabane » de Guy et Muriel Simonnot. Guy spéléo très actif, passionné par le secteur qu’il connaît par cœur. Leur accueil sera sans pareil. Guy intarissable pour nous décrire la particularité de tous les trous du massifs (il y en a 1502 de répertoriés) et Muriel nous préparant d’excellents petits plats, notre appétit étant aiguisé au cours de ces journées de randonnée.

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Lundi 25. La journée s’annonce humide. La région reçoit le climat océanique. La côte Nord de l’Espagne n’est qu’à quelques kilomètres. Conséquence, la campagne est encore très verte et le restera tout au long de l’hiver.

En début d’après-midi nous rejoignons une équipe de spéléos français, connus de mes compagnons de voyage. Ce sont des « pros » et ils s’engouffrent dans la Gandara, vaste réseau de 106 km de développement, pour y « randonner » quatre jours. Nous les accompagnons sur un bon kilomètre jusqu’au P32 (puits de 32 m). Ils rejoindront leur camp de base et nous nous ferons demi-tour pour admirer et photographier de belles concrétions. Sortie quatre heures plus tard au coucher du soleil. Nous irons jeter un œil à la résurgence d’une des rivières souterraines de la cavité que nous venons de visiter.

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Galeries concrétionnées dans la Gandara

 

Ce soir dodo après cette première journée fort agréable. Nous logeons les trois dans la même pièce à même le sol, et ce n’est pas les ronflements de l’un ou l’autre qui nous empêcheront de dormir du sommeil du juste.

Mardi 26. Surprise : c’est le grand beau, ciel bleu, un peu de brume cache le village, pas pour longtemps !

Guy nous emmène les trois dans un dédale de pierraille, de pics érodés, de ronces, vraiment hors sentier pour nous montrer ses trous découverts  l’an passé qu’il faudra numéroter, répertorier et si possible explorer. Ce coin du massif de Cuevas del Alto Ason se nomme Bustablado.  Bruno se faufile dans un puits étroit qu’il est contraint d’agrandir pour que Jean-Luc puisse le suivre. Une salle y donne accès, puis un ressaut prometteur impossible à descendre par manque de corde. Pendant ce temps là, Guy et Etienne dans une autre doline toute proche jouent les artificiers (méthode de la paille) pour élargir une fissure d’où sort un air glacial annonçant une continuation ? Nous reviendrons demain.

 

 

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Mercredi 27. Toujours le grand beau.

Jean-Luc, Bruno et Etienne repartent au gouffre qu’a commencé d’explorer Bruno hier avec du matériel adéquate. Etienne s’en veut d’avoir oublié ses baudriers, descendeurs, mousquetons, etc… à la cabane et fera de la prospection aux alentours pendant que Jean-Luc et Bruno feront une « première » jusque vers moins 50 m, et ça continue. Le programme de la semaine ne permettra pas de revenir ici. Ce sera pour la prochaine fois.

En fin d’après midi Bruno nous fait découvrir Bucebron un site panoramique en altitude avec vue jusqu’à l’Océan Atlantique. C ‘est une sensation particulière d’être dans ce lieu perdu en montagne avec la mer toute proche.

 

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Les préparatifs avec cartes spéléologiques au 1/5000, c’est palpitant et sérieux.

 

 

 

Jeudi 28 – Nous avons de la chance. Le ciel est toujours aussi bleu.

C’est une belle randonnée qui commence. Prospection à Hoyon de Sacco. Ancien cirque glacière, dolines impressionnantes, lapiaz tabulaire façonné et arasé par un glacier. On s’y croirait sur un vrai avec ses crevasses béantes et profondes. Nous repérons quelques trous non répertoriés auxquels nous donnons un numéro et un pointage au satellite pour de futures explorations. Quelques centaines de mètres progressés dans la grotte de la Haza, creusée dans le grès, nous déçoivent. Aujourd’hui 700 m de dénivelée et 13.5 km.

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Ce massif montagneux est très beau avec la forêt de hêtres au feuillage dorés, les enclos, murets, cabanes de pierres, grandes prairies où paissent des chevaux sauvages.

 

Vendredi 29 – Vent et pluie en fin de journée.

En compagnie des spéléos « pro » qui vienne de se balader quatre jours dans la Gandara, nous repartons prospecter… En altitude nous affrontons des rafales de vent très violentes qui nous plaquent sur les pentes herbeuses. Nous craignons de glisser vers les barres rocheuses. La progression est d’autant pour ardue qu’il n’y a pas de vrai chemin.  Re-pointage de quelques trous prometteurs. Une ouverture qui ne paye pas de mine amène à une petite galerie. Patrick s’arrête au bord d’un puit et nous fait la démonstration d’y jeter une pierre. Il s’agit d’un P302 de verticale absolue. Brrr ! c’est très impressionnant et en même temps nous aimerions y descendre !!!!. Nous dégringolerons 900 m dans les lapiaz pour arriver, sous la pluie, à la sympathique cabane de Patrick. Une bonne bière nous y attend.

Ce soir, nous invitons nos hôtes, Guy et Muriel au restaurant, accompagnés de « Petit Pierre » leur ami de longue date, ancien spéléo  aujourd’hui octogénaire et qui bricole à la cabane. C’est chez « Gloria »  leurs bons amis. Nous nous régalerons d’une excellente tortilla.

 

Samedi 30 – Nuages, éclaircies, averses et toujours beaucoup de vent.

Bruno nous emmène à la grotte de la Cayuela. L’accès est glissant dans de fortes pentes herbeuses. Le vaste porche d’entrée qui se voit de loin crache de l’air frais et ne permet pas à la végétation de croître dehors. Sortie classique du massif, galeries de grande taille, plafonds à cinquante mètres. Concrétions surprenantes aux formes bizarres, des excentriques dans tous les sens, des dômes parfaitement lisses.

Nous rêvons à la fin de ce séjour de revenir. Il y a encore à découvrir des gouffres à peine entrevus, des classiques magnifiques comme la Gandara et ses plus de cent kilomètres de développement à parcourir. Pour des spéléos amateurs que nous sommes il faudrait plusieurs vies pour venir à bout de ce dédale de galeries magnifiques et de grands puits effrayants.

 

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Ce soir nous inviterons chez Guy et Muriel,  Patrick et sa femme Sandrine passionnés tous les deux de spéléologie et nous écouterons captivés  leurs aventures sous terre.

 

Grand merci à nos hôtes Guy et Muriel pour cet accueil.

Merci à Jean-Luc et Bruno d’avoir eu la patience d’attendre et d’aider  Etienne qui parfois traînait la godasse ou trébuchait dans les chemins chaotiques des lapiaz.

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