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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 20:10
Monts Cantabriques
"Porracolina 2018", expé FFS. Avec P et S Degouve, Dom Boibessot.
 
Une météo favorable en général (une nuit et une matinée humide), cela ouvre presque toutes les possibilités sur ce massif culminant à 1600m.
Comme en avril, l'objectif est la recherche d'un accès à la branche Nord inconnue du réseau de la Gandara ( toujours 116 km sur la branche sud...)
Les relations étant tendues avec la jeune génération espagnole, qui fait fi de toutes les explorations passées, réalisées par des équipes mixtes ou non, mon CR ne sera pas très précis.
La poursuite de cavités prometteuses (emplacement, fort courant d'air) par désobstruction (pailles et étayage) a constitué la majorité des sorties.
 
 
LA GANDARA:
- Deux sorties désob sur une doline au dessus de la Gandara, on s'acharne à nouveau, c'est placé stratégiquement. C'est la seule avec autant d'air, toujours plus d'air. Un étayage spécifique fourni par le sponsor "PEPE Palissot" a offert de sécuriser 2 m supplémentaires en vertical. Il s'agit de barres de 4 cm x 4 cm en acier galvanisé, avec trous, que l'on a découpé sur place au format nécessaire avec une disqueuse sur accus, le tout avec moult accessoires pour les assembler ( boulons, équerres, rallonges, brides etc). Efficace mais pas si facile à assembler dans un trou. Les -6 sont presque atteints, et de la roche plus saine bordée de vide est à portée de mains. A suivre l'an prochain.
- Deux sorties pailles au fond d'un gouffre situé 300 m plus haut en altitude, une diaclase à élargir vers -40 m. Poursuite des travaux dans un courant d'air marqué (cagoule de rigueur). On a porté une barre à mine de grosse dimension depuis la voiture ( 15 minutes) vers le fond du trou pour rouvrir la diaclase bouchée par les déblais. Avec réussite. Mais encore au moins 2 sorties pour passer... Même si la suite est une fissure verticale étroite, précédée d'un méandre puis d'un puits étroit de 8m. Il faut remonter avant chaque déclenchement, et parfois sortir par le haut plusieurs bacs de cailloux. Mais dessous, les cailloux descendent, descendent bas!
 
- Une sortie au cubillo Fraille, nouvelle entrée basse raccordée au réseau principal l'an dernier. 2 Escalades au bout de la galerie à - 80. Une en artif, non terminée à +30 m, il reste 7-8 m. Une autre en "première" après avoir fouiné un peu en arrière, avec montée en oppo à +30m environ. Une courte galerie fossile avec quelques belles concrétions (excentriques) permet de souffler et prendre pied. Plus haut, un plafond assez plat et attirant demande une escalade avec assurance, et un autre départ de cheminée voisin semble également intéressant. Patrick abandonne donc son escalade et nous remontons ensemble vers ce point prometteur. Hélas, de chaque coté, c'est sans suite après une dizaine de mètres de grimpette. La suite n'est pas là. L'énigme "du courant d'air manquant" n'est toujours pas résolue.
Vu le temps restant, nous décidons d'aller dans les galeries de jonction vers le réseau principal terminer quelques points d'interrogation non explorés. Enfin un peu de crapahut horizontal dans des galeries sympathiques (5x5 de moyenne). Nous topographions environ 150 m de conduits secs et souvent concrétionnés, sans découvrir de prolongation majeure. C'était agréable.
 
- Une sortie "poursuite d'exploration" dans le secteur de Ulès. Le puits pinçant à -110 est assez sec, l'air part dans une lucarne qui a été franchie pendant l'été. Un méandre ventilé fait suite, stoppant sur des blocs à casser à la paille. Après 6 tubes, ça passe. Puits de 6 m derrière se prolongeant par une fissure impénétrable sur le sol. L'air vient du plafond ( escalade 10 m), sans suite. Vraiment dommage.
 
COL de la LUNADA
- deux sorties prospection/désob à proximité des 5 entrées supérieures du réseau de la Gandara. Le but étant de trouver une nouvelle entrée pour accéder à des amonts décalés et difficiles à atteindre par le cœur du système. Une fracture ventilée dans une doline est abandonnée, les blocs se fendent et menacent la poursuite des travaux. Une fissure avec de l'air dans une barre à 50 m de là est découverte. Les cailloux lancés partent dans un beau puits derrière. Une douzaine de pailles plus tard, on équipe. Vers -15, un petit ressaut de 2 m fait suite, sans suite...L'air barre dans un micro laminoir. On est déçus, on y croyait vraiment.
 
VAL DE ASON
- deux sorties dans une grosse résurgence du massif, dont la suite à 10 m de l'entrée n'a été forcée qu'en avril dernier. Les deux branches connues butent depuis sur un siphon profond (- 40 dans l 'autre branche). Mais le niveau d'eau ayant baissé comme rarement, nous avons trouvé la provenance du courant d'air ressenti fortement à l'entrée du trou. Un laminoir latéral au niveau du siphon a été contourné en néoprène, et la suite est derrière. Une petite trémie de blocs est travaillée pour passer par ce laminoir situé au dessus du niveau d'étiage habituel. Derrière, nous fracturons de gros blocs pour progresser. Le courant d'air est bien présent, avec un ronflement perceptible le second jour ( 25° dehors). La suite est au plafond… A suivre.
 
 
Au bilan, comme en avril, peu de première; beaucoup de désob ( ça change pas de la Haute Saône sauf les courants d'air marqués), mais ça avance et les paysages sont toujours aussi magnifiques. Les animaux domestiques en semi liberté (vaches, chevaux, chèvres) sont partout, d'autres sont souvent surpris d'assez près (renards, chevreuils, vautours).
 
Bruno
 

 

Séjour en Espagne de Bruno, du 1 au 13 octobre 2018
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