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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 18:14

SAUVETAGE SPÉLÉOLA CHIENNE « NINA », MIRACULÉE DE NOËL À VILLERS-LÈS-LUXEUIL

Lors d’une partie de chasse, « Nina » est restée coincée dans un trou à Villers-lès-Luxeuil (70). La chienne a été sauvée trois jours plus tard par les spéléologues, la veille de Noël.

Le petit village haut-saônois de Villers-lès-Luxeuil porterait-il la poisse à nos amis à quatre pattes ? Au début du mois, les pompiers de Luxeuil y ont sauvé une jument, tombée dans un trou après que le sol s’est dérobé sous ses sabots. Le 20 décembre, c’est une chienne de chasse de race jack russel, âgée de 9 ans, qui s’est trouvée en mauvaise posture dans la forêt communale.

Lors d’une battue, une quinzaine de chasseurs avaient pris position sur un secteur bien déterminé. Vers 15 heures, « Nina », au flair très aiguisé, repère une trace de gibier. La belle en habit de poils blancs part comme une flèche, laissant sur place Bertrand, son maître. Ce dernier, en bon professionnel, ne la quitte pas des yeux, jusqu’à ce qu’elle pénètre dans un trou d’environ 30 centimètres de large. Mais « Nina » tarde à en ressortir… Malgré les appels répétés de Bertrand et une fouille à bout de bras, la chienne reste aux abonnés absents. Le temps passe, l’obscurité envahit progressivement la forêt, la recherche doit être arrêtée. Pour la petite chienne, la nuit sera longue…

Le lendemain, aux aurores, Bertrand tente d’élargir le trou à coups de pioche et de pelle… En vain. Mardi, dès 8 heures et jusqu’à midi, les pompiers de Luxeuil, appelés en renfort, prennent le relais. Mais le sort s’acharne : le trou qui a « avalé » le jack russel peut certes être élargi, mais c’est maintenant un pan de roche qui bloque toute progression.

Mercredi, la veille de Noël, il est fait appel au Spéléo Club de Vesoul. L’une de ses membres, Véronique Olivier, reçoit le S.O.S., alors qu’elle est encore à son travail, à Besançon. Aussitôt, elle prévient une autre cheville ouvrière du club, Jean-Marie. Rendus sur place, ils entendent « Nina » aboyer avec courage. Le pronostic est cependant réservé : la chienne est retenue prisonnière au fond d’une diaclase, une fracture dans la roche bien étroite, à au moins 8 mètres de la surface du sol. Sans hésiter, les spéléos commencent à buriner la roche. Mais, comme l’explique Véronique, « même en rentrant le ventre, les fesses et les oreilles, ça ne passe pas ! » Appelé en renfort, un autre spéléo arrive de Mulhouse : Bruno sait se servir de matériel plus performant. Un compresseur arrive sur les lieux pour fournir l’éclairage. Il est 17 h, il fait nuit noire, cela va être long. Une chaîne de solidarité s’est mise en place : Nicolas, Tonio, Alain et autre Sébastien, tiennent la lampe à tour de rôle, font un escalier de pas, dans l’à-pic pour accéder plus facilement à l’endroit. Les éclateurs de roche et les tubes sont en action. Après bien des péripéties, on accède au trou qui est en fait une diaclase en croix. L’intersection est trop étroite pour se tourner et descendre plus bas, là où se trouve « Nina », qui couine et aboie. Les spéléos pensent qu’elle part se cacher plus loin et que, plus ils avancent, plus elle recule. Véronique, la plus petite en taille, arrive à se faufiler dans le carrefour en enlevant son casque ; la diaclase est encore profonde de 1,50 m avant de voir de la terre. En se contorsionnant, elle aperçoit « Nina » à 4 m d’elle.

Un vide les sépare. Des branches sont acheminées pour combler la fracture rocheuse et former un pont. Technique gagnante : Véronique appâte une « Nina » tremblant de tous ses membres avec de la tome des Pyrénées. Après quelques tâtonnements, la chienne accepte enfin de sortir de sa niche de fortune et de s’engager sur les branches.

La partie n’est pas encore totalement gagnée. Un « mano à mano » s’instaure entre la femme et l’animal. Un dernier morceau de fromage et « Nina » est dans les bras de sa sauveteuse. « Le souffle est court après tant d’efforts » témoigne celle-ci, « mais c’est cool, et je suis surtout très contente d’avoir appelé les bonnes personnes. »

Après être passée de mains en mains, à 20 h, « Nina » a finalement retrouvé Bertrand. Déshydratée, quelque peu amaigrie, mais saine et sauve. Pour la chienne et son maître, assurément leur plus beau cadeau de Noël. Quant aux spéléos, ils reviendront ultérieurement sur place procéder à un relevé de coordonnées GPS, afin de sécuriser l’entrée de ce qui s’appellera dorénavant « le trou Nina ».

De notre correspondant local Michel LAURENT

Sauvetage Nina, article de l'ER du 26.12.15
Sauvetage Nina, article de l'ER du 26.12.15
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